‹ Une gerbe [microforme]Chapitre 11 sur 65 · CC · texte numérisé non relu

CC

nee,

“harmes

passage,

X Cieux age.

) mines ;

nes

QG Qu

désespoir sonnait de lamentables heures :

è e petite voix faiblement murmurait, milieu du silence, une plainte légère, à is de temps en temps sanglotait une mère, À

Car son jeune enfant se mourait,

Sbsondus avec art, de beaux rideaux de soie Eh loppaient son lit de leur moelleux contours ;

Les pieds, sans bruit, f

le objets curieux dont il f

foulaient des tapis de velours.

aisait sa joie

Nhvaiont rien maintenant qui put l'émerveiller ; Et les jolis cheveux, dont ses épaules rondes Nacre gentiment portaient les boucles blondes,

Flottaient épars sur l'oreiller.

lÆs ressources et l'art d'une ville savante Pour sauver un enfant se virent épuiser ; Ils n'empèchèrent pas un fil de se briser, Un mot sombre et fatal de semer l’'épouvantel Le chagrin d’une mère et son puissant amour Ne purent pas, non plus, retenir auprès d'elle

être bien-aimé qui tendait sa jeune aile

Pour voler au divin séjour.

Elle était à genoux au chevet de la couche, S'efforçant, pour calmer son douloureux transport, | De sourire à l'enfant que lui prenait la mort.

Elle baisait son front et sa petite bouche ;

Elle lui fredonnait un suave refrain ;

| Lui disait que bientôt il irait aux vallées

Prendre des papillons, ces douces fleurs ailées

Qui naissent avec le matin.

Soudain l'enfant sourit en rejetant son lange,

Et l’on ne sentit plus battre son petit cœur.

| Sur sa lèvre entr'ouverte ainsi qu'une humble fleur

Un soupir expira. Quelque chose d'étrange

’araissait imprimer à son front radieux

Une vive surprise unie à l’allégresse ;

Et ses beaux yeux d'azur semblaient fixés sans cesse Sur un objet mystérieux,

Venu, sur un rayon, des voûtes immortelles, Un ange, enveloppé dans un voile éclatant,

| S'avançait vers l’alcôve où reposait l'enfant.

Ses regards étaient purs comme des étincelles.

A son épaule une aile à l'éclat sans pareil

S'agitait, comme au vent une fraiche corolle, Et son front, couronné d’une ardente auréole, Resplendissait comme un soleil.

| Pendant qu'avec amour le messager céleste sréninilé S'inclinait sur le nid, tout petit et soyeux, ” D'où ne s'élevait plus nul ramage joyeux, Et que sur sa poitrine, avec un tendre geste, il appuyait le front de son nouvel ami, | “Un froid mortel saisit la mère infortunée : dé Son adorable enfant l'avait abandonnée, S'était à jamais endormi | ge,

Cependant, déployant ses deux ailes de flamme, L'ange prit son essor vers les parvis sacrés, ble fleur M" L 211 flotta mollement dans les airs empourprés “Comme un cygne de neige au sommet d'une lame, Et, pendant qu'il portait l'objet de son amour, “En triomphe, bien loin d'une patrie ingrate, DC 2sse V ° 4 A ’ .

pci Il mit à ses côtés une rose incarnate

Cucillie au terrestre séjour,

dé “Et le petit enfant, dans sa joie ignorante, L Demande que sa mère avec lui monte aux cieux. : ll fixe, tour à tour, un regard anxieux [les. “Sur son guide céleste et la rose odorante

Qui repose toujours près de son cœur aimant, Le, 20 ais l'ange, souriant de son inquiétude, | ole, Le presse sur son cœur avec sollicitude

4 Et lui fait ce récit charmant.

Apprends, Ô mon ami, que le ciel à la terre Par de touchants rapports a voulu se lier ; Qu'il voit ce qui s'y passe et ne peut l'oublier. Les longs tourments de l'homme et sa joie éphémère Au ciel trouvent toujours un écho solennel.

Sur la terre l'amour bien vite, hélas ! s'épuise ; Dans le ciel, au contraire, il croît, se divinise ; Dans le ciel il est éternel!

Dans un pauvre quartier de cette grande ville Dont, au dessous de nous, tu vois luire les toits, Et dans un gite obscur se trouvait, autrefois, Un petit orphelin souffreteux et débile.

Il n'avait pas connu la suave pitié, Et, dans l’âpre chemin d’une existence aride, Jamais la charité n'avait servi de guide

A son faible et timide pié.

Tous les mornes ennuis et toutes les misères Ap Qui ne viennent à vous que sur l'aile des ans, Où

Et dont l'enfance ignore, au moins, les traits cuisants, %e:: Broyaient son jeune cœur dans leurs nombreuses serres Qu:

Au matin de la vie, il en voyait le soir. Cet L2 . . .* . . . a

Pour nourrice il avait l’indigence au sein maigre, Dar

Pour unique héritage il cueillait un mot aigre Su

Quand il passait sur le trottoir.

er.

éphémère

ise ;

ns,

ts cuisants,

Dr'elises Serres

maigre,

igre

i; HISTOIRE D'UN ANGE 39

Prop faible pour prier, n'ayant nul camarade Qui voulut près de lui demeurer un moment,

l voyait tous ses jours s'écouler tristement.

Bien souvent il mettait son pauvre front malade, Momme un roseau brisé, dans ses petites mains : ppclant le sommeil qui le fayait sans cesse, laissait, bien souvent, sa tôte avec tristesse

î Tomber sur ses grossiers Coussins.

So: esprit s'égarait en des rèves étranges :

Dinan voir de lointaines forêts,

De. chœurs mélodieux et des ombrages frais ; Hs imaginait voir, écha voës à leurs lances, De: bambins tout rosés courir sur le gazon, Erroncr, dans les airs, les sons de leurs voix gales, Et trainer derriore eux l'aubépine des haies

En retournant à la maison.

À peine se glissait, dans cette rue obscure Où vivait, délaissé, le petit orphelin,

Be Sienfaisant rayon d'un ciel pur et serein.

Quand l'air chaud de l'été ranimait la nature, Cet air que vous aimez, qui n'a rien d’accablant Dans les riants bosquets qui vous prêtent leur ombre, Suffoquait le petit sous son toit bas et sombre Ou sur le pavé tout brûlant.

Par un jour des plus beaux que le ciel vous envoie, Tout chantait dans les airs, la ville était tout bruit, Il sortit de nouveau de son triste réduit, Et, d’un pas chancelant, suivit la grande voie. Il arriva tout près d’un superbe jardin Qu'entourait avec grâce une ceinture en pierre : Au milieu s'élevait une maison princière Dont l'aspect l'arrèta soudain.

Là se berçaient au vent des arbres gigantesques

Dont les rameaux formaient plus d’un antre vermeil,

Où jouaient, tour à tour, et l'ombre et le soleil.

Des guirlandes de fleurs tombaient en arabesques

Et caressaient le front d’un enfant gracieux.

Des fontaines lançaient, en ruisselantes gerbes,

Les ondes de leur sein qui tombaient sur les herbes Avec des bruits harmonieux.

L'orphelin avança sa figure amaigrie

A travers les barreaux de la porte de fer.

Il contempla longtemps cette ondulante mer

De verdure et de fleurs, de bois et de prairie Qui s’offrait tout à coup à ses regards surpris. Dans ses heures de paix, dans ses rèves de rose, Jamais il n'avait vu si ravissante chose

Sourire à ses jeunes esprits.

18 envoie, out bruit,

voie.

ierre :

sques re vermeil, soleil.

besques

erbes,

les herbes

Vous étiez à jouer dans les larges allées ;

otre petite main jetait des fleurs en l'air;

puis de votre bouche un rire frais et clair

g chappait tout à coup, quand les fleurs effeuillées tombaient en flocons sur vos jolis cheveux.

de cette maison se trouvait l'espérance

Du seuil de la maison, cependant, la servante,

x asse d'apercevoir ce front pâle et vilain, la tout droit trouver le petit orphelin,

Et, lui jetant un sou d'une main méprisante,

Lui dit avec rigueur de bientôt s'en aller,

Et qu: nd il entendit cette parole dure,

De : ses grands yeux rôveurs sur sa maigre figure

Des pleurs se mirent à couler.

Mais votre cœur d'enfant si naïf et si tendre

Fut touché de ces pleurs qu'un enfant comme vous Répandait, sans pourtant ressentir de courroux.

Et, laissant là vos jeux, vous êtes allé prendre

Une éclatante fleur, la plus belle du lieu,

Ebvous ( êtes de suite, avec un gai visage,

Venu la lui donner, à travers le grillage, En lui disant un doux adieu.

L'aspect de cette fleur, son merveilleux arôme, Le charme de ce mot sensible et généreux, Pour l'esprit désolé du petit malheureux Furent, en ce moment, comme un céleste baume, Lui que tous accueillaient avec des mots d'aigreur, Il ressentit alors une joie inouïe :

Il garda, dans sa main, la rose épanouïie, Et le tendre mot, dans son cœur.

Puis il s’en retourna, palpitant d'espérance, oh ! non! désormais

Il est tout inondé de douceur et de paix!

Car les rèves sacrés de l’innocente enfance,

L'amour et le repos, le bonheur et l'espoir,

Sur la couche paisible où le petit sommeille

Voltigent par essaims à la lueur vermeille

Des étoiles d'un calme soir !

L’aurore n'avait point du chevet solitaire Chassé la vision ; et le pauvre petit,

Plus faible que la veille, avait gardé le lit. Avait-il entendu les riches de la terre

Lui parler, dans un rêve, avec calme et bonté,

Que tout fut, ce jour-là, d’une douceur extrême ?

Oh! c'était cette fleur dont le charme suprême Eloignait toute anxiété!

is souriait toujours en regardant la rose, t bien qu'il vit tomber, dans sa débile main, | : ne par une, hélas! les feuilles de carmin ! es Faut-il donc voir périr une aussi belle chose !...... igreur,

a fleur, tu renaitras, ditil, dans ses transports.

e lendemain matin, lorsque, dans la mansarde,

’aube laissa glisser sa lumière blafarde

La rose et l'enfant étaient morts.

pprends, mon bien-aimé, que notre Maître Auguste

)n ! désormais

Me dédaigne jamais les bonnes actions ; ue l'amour pur qui nait dans les afflictions,

us le ciel orageux de votre monde injuste, n Dieu se fortifie et devient éternel ;

t que les purs esprits créés dans la Inmière

Bonservent à jamais, dans son ardeur première

L'amour né comme eux dans le ciel.

Ainsi l'ange parlait à l'enfant de la terre, Puis il penchait son front sur le fardeau charmant

d'il pressait dans ses bras avec ravissement,

Bt l'enfant, étonné de ce nouveau mystère, | hterrogeait des yeux le brillant ciel d'azur ii devant lui s'ouvrait avec tant de délice, t la magique fleur dont l’éclatant calice

Lui versait un parfum si pur.

Et l’Ange, souriant, reprit bientôt encore :

—Le Seigneur m'a permis de vous aller chercher Avant que le malheur ne soit venu toucher, De son souffle mortel, vos jours à leur aurore, Avant que le péché n'ait souillé votre cœur ; Car j'étais l'orphelin auquel, dans sa misère, Vous daignâtes offrir cette rose si chère

Avec un mot plein de douceur,

Et, dans cette cité dont avait parlé l'ange,

Au fond du cimetière, un superbe tombeau

Avait été construit du marbre le plus beau.

Il se voila de fleurs d’une richesse étrange

Sitôt que du printemps le vent tiède soufila.

Et, près de ce sépulcre émaillé de verdure,

Etait une autre tombe, humble, petite, obscure …

Nul ne savait qui dormait là !

le .

Page 1