‹ Une gerbe [microforme]Chapitre 23 sur 65 · LE RETOUR AUX CHAMPS · texte numérisé non relu

LE RETOUR AUX CHAMPS

Enfin, j'ai secoué la poussière des villes J'habite les champs parfumés.

Je me sens vivre ici, dans ces vallons tranquilles, Sur ces bords que j'ai tant aimés.

L'ennui me consumait dans tes vieilles murailles, O fière cité de Champlain !

Je ne suis pas, vois-tu, l'enfant de tes entrailles Et ton cœur me semble d’airain.

Je suis né dans les champs; je suis fils de la brie Qui passe en caressant les fleurs ;

Je suis fils du torrent qui mugit et se brise

Sur le roc avec des clameurs !

Je suis né du désert, du désert sans limite

Où régne le calme et l'effroi ;

Je suis né des forêts que la tempête agite,

Des cimes dont l'aigle est le roi !

Mes premières amours, douces fleurs des vallées,

N'ont-elles pas été pour vous ?

| , 0 A ’ # LA Pour vous, rocs au front nu, forêts échevelées,

Vagues des fleuves en courroux ?

| ï Pour vous, charmants oiseaux qui semez, à l’auro I}. j Les doux accords de votre voix, 1 | À Comme des diamants qu'égrène un vent sonore, OU Après l'orage, sous les bois ?

Je souffrais dans ces murs où s'entasse la foule, Où l'herbe ne reverdit pas,

Où la fleur ne naît point, où la poussière roule Comme un flot sale sous nos pas!

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