‹ Une gerbe [microforme]Chapitre 24 sur 65 · LE RETOUR AUX CHAMPS · texte numérisé non relu

LE RETOUR AUX CHAMPS

J'avais bien assez vu comme le fort repousse Le faible à son boulet rivé,

Comme de son orgueil la sottise éclabousse L'esprit qui traine le pavé !

J'avais bien assez vu la richesse hautaine Ecraser, de son vil dédain,

L'indigence en haillons qu'une espérance vaine Jette au hasard sur son chemin!

des vallées. Nul vent harmonieux ne passait sur ma lyre,

Et mes chants étaient suspendus, chevelées, Je ne retrouvais plus le souffle qui m'inspire, Et je pleurais Les jours perdus !

Il me fallait de l'air, le parfum des prairies Où fleurissent les blancs muguets ;

Il me fallait l’espace et ces courses chéries Le long des onduleux guérèts !

Il me fallait le calme, alors que chaque étoile Sourit comme un regard de Dieu, Calme que rien ne rompt si ce n’est une voile

Qui retombe sur le flot bleu !

Il me fallait revoir, au milieu de la plaine, Sur le penchant du vert coteau,

Le laboureur qui rêve à la moisson prochaine En ouvrant Le sillon nouveau!

Il me fallait l'odeur du loin qui se desseche Sur Le ch'unp où passe la faulx,

L'odeur du trefle mûr que flairent dans la creche, En hennissant, les fiers chevaux!

Il me fallait entendre encor la voix bénie

Du vieux eloch:r de mon hameau ;

Cette voix qui répète, en vagues d'harmonie,

Les gais cantiques du berceau ;

Qui porte des chrétiens la pricre et l'hommage Au ciel, dans un divin accord,

Et qui fera peut-être, un jour, gémir la plage

Du glas funèbre de ma mort.

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La creche,

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Pourquoi donc fuyez-vous notre belle patrie,

Jeunes gens aux bras vigoureux ?

N'a-telle plus besoin ni de votre industrie, Ni de votre sang généreux ?

Est-ce ainsi que fuyaient, en d'autres temps, nos pères Qui virent tant de jours mauvais ?

D'un rivage étranger les gloires mensongères Ne les séduisirent jamais.

Quoi! vous vous exilez! Mais dans nos vastes plaines N'est-il pas de place pour tous?

Craignez-vous de l'hiver les rigides haleines ? L'été n'est-il pas assez doux ?

Sont-elles sans parfums les fleurs de nos charmilles? Sans ombre nos grandes forèts ?

L'amour et la vertu croissent dans nos familles

Comme les blés dans nos guérèts,

Aiguilionnez les flancs de la givcbe féconde ; Trainez partout le soc vainqueur;

Des sueurs du travail que votre front s'inonde : Le travail retres 2 le cœur.

Transformez nos déserts ; que la ronce sauvage Fasse place à l'or du froment,

Laissez à vos enfants, pour premier héritage, L'exempie d’un grand dévoument,

Un son qui vient &e loin vous trouble et vous enivref#

Est-ce donc uu concert si beau ?

Cest la voix de l’airain, c’est la clameur du cuivre, B

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Le cri du fer sous le marteau ! 1

Ah! combien plus sacrés soni les accents rustiques { Qui font retentir nos hameaux ! ÿ

Voix de nos gais enfants, chants des vierges pudiquei 1 Soupirs du vent dans les rameaux ! É

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