‹ Une gerbe [microforme]Chapitre 29 sur 65 · NAPOLÉON · texte numérisé non relu

NAPOLÉON

Ah ! laissez-moi traîner mes mortelles souffrances Au milie : des tombeaux !

Que dis-je ? le néant! Erreur, songe, folie!

Le néant, c'est le monde avec son sot orgueil ;

| Le monde qui n’a rien et que son destin lie,

Comme un pauvre forçat, au mal, aux pleurs, au deuil!

Le monde qui promet et qui jamais ne donne!

Qui toujours vous offense et jamais ne pardonne,

Le monde qui gémit et s'en va soucieux!

Ah! que dans ce néant le malheureux s’endorme !

Notre âme est immortelle, et rien ne la transforme Lorsque Dieu la rappelle aux cieux!

Où sont mes rèves d’or? Où sont mes espérances

Et ces jours de soleil qui se levaient si beaux ?

Ah! laissez-moi trainer mes mortelles souffrances Au milieu des tombeaux !

Où sont ceux que j'aimais? Ces amis de l'enfance, Ces jeunes compagnons qui partageaient mes jeux ?

[Nous marchions côte à côte, avec insouciance,

Sous le soleil brillant ou le ciel orageux.

[l nous semblait alors que la vie était belle, Que rien ne finissait, qu’une effluve éternelle,

Pour rajeunir le monde, en tout lieu débordait,

Il nous semblait alors que la vieillesse en larmes

N'avait jamais connu les rires et les charmes Que la jeunesse possédait !

Où sont mes rêves d’or? Où sont mes espérances

Et ces jours de soleil qui se levaient si beaux?

Ah ! laissez-moi trainer mes mortelles souffrances Au milieu des tombeaux !

Où sont les cœurs de feu, les longues chevelures Que le vent caressait pendant les soirs sereins ? Où sont les anges blonds, les jeunes filles pures Qui se laissaient bercer par mes premiers refrains? Où sont les verts sentiers, les bouquets de bruyères Où nos mains se joignaient dans les mêmes prières, Quand chantaient les pinsons sur les épais rameau:

Nos esprits s'envolaient dans un brillant délire ;

Nous nous sentions heureux, mais alors, pour le d Nos lèvres n'avaient pas de mots.

Où sont mes rêves d'or? Où sont mes espérances

Et ces jours de soleil qui se levaient si beaux ?

Ah ! laissez-moi trainer mes mortelles souffrances Au milieu des tombeaux !

Mais Les v Qui e Dispa Et j'e Je ser Et pu Je cru

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