U NE GERBE
Elle jetait dehors un regard triste et vague,
Or il neigeait toujours. Puis, en parlant ainsi, Elle tait de son doigt une brillante bague, Elle ôtait son collier, ses anneaux d’or aussi, Et tombait à genoux. Les reflets de la grâce, —
Comme les blancs flocons descendaient de l’espace, —
Descendirent des cieux sur elle, Et puis son cœur Devint pareil alors à la neige éclatante,
Ce soir-là, je le sais, on vit au Bon Pasteur
Entrer en sanglotant une humble pénitente.
Tombez, à blancs flocons!
Prètez aux champs flétris votre mystique lange! O blancs flocons, volez comme des ailes d'ange Au-dessus de nos fronts.
A CREMAZIE
Faites place au poète au sein de votre gloire, Mânes de nos aïeux! Dans ses fastes l’histoire Se plaît à raconter Et les noms et la vie Du soldat valeureux qui meurt pour la Patrice Et du barde inspiré qui vit pour la chanter !
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La nobie empreinte du génie Brillait sur ton front soucieux,
Le luth que te donna les cieux Avait une mâle harmonie,
Et sous tes doigts, de toutes parts, Il jeta des notes étranges.
On eut dit les clairons des anges Sonnant sur nos vastes remparts.
Pourquoi, dans un moment funeste, Pourquoi, barde, le vil métal Vint-il à ton hymne céleste
Unir, hélas! son chant fatal ?
Voulais-tu, dans ce temps néfaste, Vider la coupe des plaisirs ?
Voulais-tu voir de chauds désirs S'éveiller en ton âme chaste ?
Voulais-tu chercher le bonheur Où seul l’insensé va l’attendre,
Toi dont les pensers devaient tendre Vers l'infini d’un bond vainqueur ?
Qui le dira ? Tu fus coupable,
Et nous pleurâmes sur ton sort, Car une vengeance implacable
Te poursuivit jusqu’à la mort!