‹ Une gerbe; poésiesChapitre 15 sur 43 · A MON AMI J. A. GENAND IO · texte numérisé non relu

A MON AMI J. A. GENAND IO

Qui tombe avant l'hiver, La barque sans boussole Au milieu de la mer !

Je suis le brin de mousse Qui rampe sur le sol, Ou le ramier qui pousse Une plainte en son vol ;

Car je n'ai plus de mère ; Je suis seul ici-bas, Sur cette pauvre terre Où se traînent mes pas !

Je suis l'ombre légère Qui s'incline sans bruit, L'oiseau sous la fougère Qui gémit dans la nuit,

La roche solitaire Qui déchire les flots, L'airain du sanctuaire Qui jette des sanglots ;

Car je n'ai plus de mère ;

Je suis seul ici-bas, Sur cette pauvre terre Où se traînent mes pas î

Je suis comme un rivage Qui n'a point de moissons, Je suis comme un bocage Qui n'a point de chansons !

Je suis le cerf agile Qu'une flèche a percé, Ou le roseau fragile Qu'un souffle a renversé ;

Car je n'ai plus de mère ; Je suis seul ici-bas, Sur cette pauvre terre Où se traînent mes pas !

Ainsi ta voix plaintive Murmura chaque mot, Et ma lyre attentive Les redit aussitôt.

Et je vis, mieux parée

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