A MON AMI J. A. GENAND IO
Qui tombe avant l'hiver, La barque sans boussole Au milieu de la mer !
Je suis le brin de mousse Qui rampe sur le sol, Ou le ramier qui pousse Une plainte en son vol ;
Car je n'ai plus de mère ; Je suis seul ici-bas, Sur cette pauvre terre Où se traînent mes pas !
Je suis l'ombre légère Qui s'incline sans bruit, L'oiseau sous la fougère Qui gémit dans la nuit,
La roche solitaire Qui déchire les flots, L'airain du sanctuaire Qui jette des sanglots ;
Car je n'ai plus de mère ;
Je suis seul ici-bas, Sur cette pauvre terre Où se traînent mes pas î
Je suis comme un rivage Qui n'a point de moissons, Je suis comme un bocage Qui n'a point de chansons !
Je suis le cerf agile Qu'une flèche a percé, Ou le roseau fragile Qu'un souffle a renversé ;
Car je n'ai plus de mère ; Je suis seul ici-bas, Sur cette pauvre terre Où se traînent mes pas !
Ainsi ta voix plaintive Murmura chaque mot, Et ma lyre attentive Les redit aussitôt.
Et je vis, mieux parée