LE PRINT^MOS
De s'asseoir et prier au bord des fraîches sources,
Sous le dôme des pins- Il est dau* d'écouter les grives et les merles,
Revenus au buisson, Egrener, tour à tour, comme un collier de perles,
Leur vibrante chanson !
Le soleil qui descend derrière les nuages
Jette un ruban de feu, Une auréole d'or au front des monts sauvages
Et du grand fleuve bleu.
Ces gerbes de rayons, ces ardentes traînées :
Qui descendent des cieqx Sont comme un souvenir de leurs jeunes années
Pour ceux qui se font vieux I
Salut, printemps fécond* Tu souris à la terre ; Tuxends au pré ses fleurs, au bois son vert manteau, Mais tu n& saurais rendre à la plaintive mère, . Printemps si beau, Par tes effluves embaumées, Ses jeunes filles bien-aimées Qui reposent dans le tombeau ! <
Et la gaîté renaît dans l'obscure chaumière Que l'hiver désolait
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A travers les carreaux maintenant la lumière
Laisse entrer un reflet.
Qu'importe qu'au foyer toute flamme soit morte,
Le soleil est bien chaud.
Pour ^ranimer son fils, la mère ouvre la porte
A ce rayon d'en haut.
Et tous les cœurs brisés, dans la pauvre famille
Qui trouvait le ciel dur Quand la bise emportait la fleur de la charmille
Et le dernier fruit mûr, Bien joyeux aujourd'hui que revient l'espérance,
Montent vers le Seigneur :
Ils n'ont plus souvenir des jours de la souffrance
Au retour du bonheur !
Salut, printemps fécond. Tu souris à la terre ; Tu rends au pré ses fleurs, au bois son vert manteau, Mais tu ne saurais rendre à la plaintive mère, Printemps si beau, Par tes effluves embaumées, Ses jeunes filles bien-aimées Qui reposent dans le tombeau !
A MON AMI J. A. GENAND
Sous l'orme plein de sève Je me suis endormi , Et, dans un divin rêve, Je t'ai vu, mon ami.
Sur une tombe sainte Tu priais à genoux, Et ta sublime plainte Arrivait jusqu'à nous.
Tu disais à la brise Qui berce les rameaux, A Phumble pierre grise Qui marque les tombeaux :
" Moi je n'ai plus de mère, Je suis seul ici bas Sur cette pauvre terre Où se traînent mes pas !
Je suis la sensitive Qui n'a plus de soleil, Et l'écho de la rive Qui n'a plus de réveil,
Le vagabond nuage Qui glisse à l'horizon Et la brûlante plage Qui n'a pas de gazon ;
Car je n'ai plus de mère, Je suis seul ici bas Sur cette pauvre terre Où se traînent mes pas 1
Je suis l'humble corolle