LE CHANT DU CANADIEN
Ne court pas toujours le ruisseau ; Mais la perfide indifférence Ne saurait étreindre mon cœur, Et vers Pamour ou la souffrance Je cours toujours avec bonheur !
Le sourd murmure du grand fleuve Endormit mon humble berceau, Comme, dans sa parure neuve, Le bois endort un nid d'oiseau.
Je ne devais jamais connaître L'éclat qui remplit d'autres lieux !
Dieu soit béni qui me fit naître A l'humble foyer des aïeux !
Bientôt le doux rêve s'envole
Et l'on n'a plus que des regrets.
Loin de toute ambition folle
Je trace mes féconds guérêts.
Je vieillis sans bruit et sans crainte,
Servant mon pays de mon mieux ;
Puis j'irai dans la terre sainte
C'est par là que l'on monte aux cieux.