JOIE ET PEINE
Mais, hélas 4 la tombe muette Ne me rend pas, en ces beaux jours, Les deux anges que je regrette, Les fruits de mes chastes amours !
L'aube nous rend encore Son gai reflet qui dore Nos rayonnants châssis, Et la perle brillante, Qui s'attache, tremblante, A la coupe des lis.
Mais, hélas ! la tombe muette Ne me rend pas, en ces beaux jours, Les deux anges que je regrette, Les fruits de mes chastes amours !
Le ciel rend la rosée A la glèbe épuisée ; Il nous rend le soleil, La vive luciole, La brise fraîche et molle, Le papillon vermeil.
Mais, hélas ! la tombe muette
Ne me rend pas, en ces beaux jours, Les deux anges que je regrette, Les fruits de mes chastes amours I
La mer nous rend ses lames Que déchirent les rames Des pêcheurs indolents, Et les blanches nacelles Qui balancent leurs ailes Comme des goélands.
Mais, hélas ! la tombe muette Ne me rend pas, en ces beaux jours.
Les deux anges que je regrette, Les fruits de mes chastes amours I