LE RETOUR AUX CHAMPS
Enfin, j'ai secoué la poussière des villes ;
J'habite les champs parfumés.
Je me sens vivre ici. dans ces vallons tranquilles,
Sur ces'^bords que j'ai tant aimés.
L'emiui me consumait dans tes vieilles murailles,
O^fière cité de Ghiunplaiu !
Je ne suis pas, vois-tu, leufimt de tes entrailles
Et ton cœur me semble d'airain.
^6 UNEGERBE
Je suis né dans les champs ; je suis fils de la brise Qui passe en caressant les fleurs ;
Je suis fils du torrent qui magit et se brise Sur le roc avec des clameurs !
Je suis né du désert, du désert sans limite
Où règne le calme et l'effroi ; Je suis né des forêts que la tempête agite,
Des cimes dont l'aigle est le roi !
Mes premières amours, douces fleurs des vallées, N'ont-elles pas été pour vous ?
Pour vous, rocs au front nu, forêts échevelées, Vagues des fleuves en courroux?
Pour vous, charmants oiseaux qui semez, à l'aurore, Les doux accords de votre voix.
Gomme des diamants qu'égrène un vent sonore, Après l'orage, sous les bois ?
Je souffrais dans ces murs où s'entasse la foule,
Où l'herbe ne reverdit pas. Où la fleur ne naît point, où la poussière roule
Gomme un flot sale sous nos pas 1