‹ Une gerbe; poésies [par] Pamphile LeMayChapitre 37 sur 51 · I.a T'mme rêve encore Et c'est la nation · texte numérisé non relu

I.a T'mme rêve encore Et c'est la nation

LES BRAYEURS

allons à la corvée ! allons, bande joyeuse, ]ar le temps est venu de broyer le lin mûr ! 3n nous attend là-bas où la côte se creuse, omme une fraîche alcôve, à deux pas du flot pur. S'ous sommes vigoureux et nos mains sont brunies. Sous aimons le soleil, nous aimons les hivers ! ' ^ouT nous enfants des champs les saisons sont bénies; N'eus aimons leurs travaux et leurs plaisirs divers.

Au-dessus des sapins s'élève la fumée, Veillez au lin qui sèche, oh ! veillez bien, chauffeurs ! Dans plus d'un œil d'azur la flamme est allumée !... Veillez au lin qui sèche et veillez à vos cœurs 1

Frappons fort, jeunes gens ! frappons tous en cadence! De ces vallons connus éveillons les échos. Travaillons tout le jour avec zèle et prudence : Plus rude est le labeur, plus doux est le repos. Frappons ! frappons gaîment : et, sous l'active braie, Le lin va se changer en un panache d'or. Quand le devoir est fait, Tâme devient plus gaie Et l'esprit retrempé prend un nouvel essor.

Au-dessus des sapins s'élève la fumée.

Veillez au lin qui sèche, oh ! veillez bien, chauffeursj Dans plus d'un œil d'azur la flamme est allumée.., Veillez au lin qui sèche et veillez à vos cœurs !

Autour de nous, partout, voltigent les aigrettes.., On dirait de la neige à travers les rameaux. Nous rions, nous chantons dans les douces retraite- Où naguère chantaient seuls les petits oiseaux. Nous luttons de vitesse, et la filasse blonde, La filasse en cordons se tresse tout le jour

LESBEAYEUBS I73

Mais nous tressons, le soir, pour danser une ronde, Suus les yeux des parents, nos mains avec amour 1

Au-dessus des sapins s'élève la fumée,

A'tillez au lin qui sèche, oh ! veillez bien, chauffeurs L

Dans plus d'un œil d'azur la flamme est allumée

\'êillez au lin qui sèche et veillez à vos cœurs!

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