II. — Le respect des parents
Dieu , qui gouverne le monde par le ministère de ses créatures, donne aux parents, s'ils s'en rendent dignes, les lumières nécessaires pour l'éducation de leurs enfants. Il faut suivre cet ordre.
Après Dieu, ce que vous devez préférablement respecter, craindre et aimer, ce sont ceux qu'il vous a donnés pour père et pour mère; et c'est à nous à ne nous conduire que par lui, et malheur à nous si nous avons d'autres vues !
Évitez avec attention les défauts où tombent trop déjeunes gens qui se croient maîtres d'eux-mêmes et hors de toute dépendance, dès que leurs études sont finies. Éloignez -vous de cette conduite; conservez toujours pour nous le respect et la confiance que vous nous devez; regardez -nous comme vos meilleurs amis. Nous serons en toute occasion les plus véritables, les plus désintéressés et les plus tendres que vous puissiez avoir.
Ne faites jamais de projets, de parties, de liaisons, ni de connaissances que vous craigniez que nous ne sachions. S'il vous arrive de commettre des fautes , faites-nous-en sincèrement l'aveu : montrezvous à nous tels que vous serez.
Aimez-nous, et vous trouverez plaisir d'être avec ious; pour nous, votre mère et moi , nous ne manquerons aucune occasion de vous prouver combien ious vous aimons. Soyez à notre égard bons et affecueux. Vous ne le serez jamais autant que nous le erons pour vous ; car c'est une des lois établies par a Providence que l'affection descende des parents iux enfants, avec l'autorité et l'esprit de conseil, ^ous ne vous demanderons jamais rien de contraire ivos intérêts-, pas plus qu'à la loi de Dieu; un père )t une mère peuvent -ils ne pas désirer le bonheurle ce qu'ils ont de plus cher au monde? Et n'est- 1 pas certain qu'il n'y en a de vrai et de stable jue pour celui qui aime Dieu et le sert avec fîclé— ité?
Faites donc que vos volontés soient toujours ïonformes aux nôtres. Affermissez-vous dans ces Drincipes, et vous mériterez par là les bénédictions l'en haut.
« Honorez votre père et votre mère, afin que vous wyez heureux et que vous viviez longtemps sur la 'erre. » Ces promesses divines ne portent pas seulement sur le bonheur de l'autre vie, elles ont aussi pour objet les biens mêmes de la vie présente. Voyez les familles heureuses, et instruisez-vous par leur exemple. Les parents n'ont pas besoin d'y faire sentir leur autorité, parce qu'on leur obéit par îmour : un visage plus sérieux qu'à l'ordinaire, un 'égard un peu plus sévère suffisent à exprimer le )lâme ; un air de satisfaclion , une parole de
louange, le moindre signe d'approbation, tiennent lieu de la plus grande récompense.
Qu'il en soit ainsi pour vous, mes chers amis; et plus tard, lorsque vous serez à votre tour chefs de famille, Dieu vous récompensera dans vos enfants.
Voici une grande règle, pour ne jamais vous laisser séduire par l'erreur ni égarer par vos passions.
Dans toutes les circonstances de la "vie, voulezvous prendre le meilleur parti? Demandez-vous à vous-mêmes ce que vous conseilleriez à vos fils, à vos filles, en pareille occasion, et faites-le hardiment. Si vous pouviez balancer entre le vice et la vertu, entre le désir de la vengeance et le pardon de l'injure, entre la crainte de Dieu et le mépris de ses jugements , supposez votre enfant à votre place, et faites ce que vous lui conseilleriez.
Étrange condition de l'homme déchu! ce n'est que pour aimer et conseiller ses enfants qu'il retrouve la sagesse !
Cette manière d'exiger pour soi-même ce qu'on souhaiterait pour ses enfants est un moyen infaillible de n'être jamais trompé.