VII. — Le jeu
Interdisez -vous absolument de jouer de l'argent dans une pensée de gain. Le jeu mène à toutes les fautes, et presque toujours aux bassesses.
Combien d'existences celle funeste passion n'at— elle pas brisées! que de familles n'a-t-elle pas détruites!
Les jeux.de hasard sont un combat acharné pour s'arracher l'argent des mains les uns des autres. La cupidité, la férocité, la friponnerie en rassemblent les acteurs. Le père de famille y oublie qu'il a femme et enfants, les enfants qu'ils ont un état honorable; l'ami et le camarade ne s'y connaissent plus. Le perdant est au désespoir, le gagnant est possédé de l'idée qu'il ne gagne pas encore assez et se livre à toutes sortes de débauches. Quel hideux spectacle !
Ces suites fatales du jeu sont trop frappantes et trop connues, mes enfants, pour que je vous en dise davantage. Rappelez -vous cette définition trop juste du joueur :
« Il commence par être dupe; il finit par être fripon. »