‹ Une grande famille parlementaire aux XIVe et XVe sièclesChapitre 110 sur 159 · Ibid., t II, p · texte numérisé non relu

Ibid., t II, p

7. Arch. de la Côte-d'Or, B 1563, fol. 104. 1413, 16 février. « A Poncelet de Jonchery, commis au gouvernement des finances de Bourgongne, pour ses gaiges et despens du xij jour de février IIIIC et XII, qu'il partist de Paris par le commandement et ordonnance de mond. seigneur pour aler audit Semur querre yceulx comptes, pour son retour aud. Paris, et pour avoir demouré aud. lieu pour yceulx comptes rendre et affiner par l'ordonnance de mond. seigneur, par devant vénérables et discrettes personnes mes. Nicole d'Orgemont, doyen de Tours, conseiller et maistre des comptes du Boi n. s. à Paris, et maistre N. Dangeul, doyen de Chartres,

reçoit des dons de son protecteur. Très généreux à l'égard de ses partisans, les prévôts de Paris et des marchands, les échevins, les bourgeois de Paris, les conseillers royaux et les universitaires, le duc de Bourgogne savait encourager leur zèle par des cadeaux de vaisselle plate et de queues de vin de Beaune. Pierre des Essarts et sa femme, Pierre Gencien, prévôt des marchands, Eustache de Laître, Michel Lallier, Pierre Cauchon, Guillaume Sève, J. Legois, Caboche, les Saint-Yon, Guillaume Sanguin et son neveu Denisot le Breton, dont la plupart figureront parmi les chefs de l'émeute cabochienne, en sont les bénéficiaires !. Nicolas d'Orgemont y est naturellement largement compris ; ce sont des queues de vin, de la vaisselle d'argent vairé du prix de 300 livres qui lui sont offertes à diverses reprises, « pour certaines causes et consideracions à ce mou vans mondit seigneur2 ».

Ces considérations sont faciles à deviner. C'est le moment où Jean-sans-Peur est en pleine lutte contre les princes du sang ; il a besoin de secours pécuniaires. Il engage sa couronne de fleurs de lys d'or à Nicolas Beuzelin, marchand génois demeurant à Paris ; il emprunte des sommes importantes aux bourgeois 3 ; il sollicite un prêt du chapitre de Notre-Dame. On ignore la part que prit Nicolas d'Orgemont à cette négociation, mais on ne saurait douter qu'il

conseiller du roi et maistre des comptes, où ilavacqué par ce faire depuis le dit xvi jour de février jusqu'au premier d'avril ensuivant... »

1. Voir Coville, Les Cabochiens..., p. 149; — et Arch. de la Côte-d'Or, B1570, fol. 216, 241 v\ 243; — B 1571, fol. 100; - B 1572, fol. 42, 43, 39, 37;- B1576, fol. 189, 191.

2. Arch. de la Côte-d'Or, B 1569, fol. 67 v°, 4 janvier 1411 ; don de deux queues de vin à Nicolas d'Orgemont; — ibid., B 1570, fol. 289, 11 novembre 1411 : don de vaisselle d'argent vairé du prix de 300 1. à Nicolas d'Orgemont ; — ibid., B 1570, fol. 289, 25 mars 1412 : don de deux queues de vin de Beaune à N. d'Orgemont.

3. Ibid., B 1570, fol. 196; —ibid., B 1569, fol. 69 v° : prêt de 1.750 fr. fait au duc par Guil. Sanguin et Barthelemi Martin ; — ibid., B 1571, fol. 78 : prêt de 1.604 fr. par Guillaume Sanguin pour la guerre d'Etampes ; — ibid., fol. 78 v* : prêt de 12.000 fr. par divers bourgeois de Paris.

n'ait été de la majorité des chanoines qui décidèrent d'accorder 1.000 écusd'or au duc de Bourgogne1.

Il est en effet l'un des conseillers les plus importants du parti ; il est membre du grand conseil du roi2, avec Charles de Savoisy, Guillaume de Vienne, Regnaud d'Angennes, Arnaud de Corbie, Pierre des Essarts, Eustachede Laître; on rencontre son nom au bas d'actes de confiscation de biens des partisans du duc d'Orléans3. Jean-sans-Peur peut compter sur son aide dans la lutte qui aboutira aux événements de 1413. Appuyé sur la bourgeoisie parisienne, qui espère, grâce à lui, faire aboutir les réformes depuis longtemps désirées, confiant dans la sympathie des principales villes du royaume, avec qui il négocie activement, Jean-sans-Peur est le véritable chef du gouvernement. Les Armagnacs qui, à son exemple, viennent de faire appel à l'alliance anglaise, sont mis hors la loi : des poursuites sont dirigées contre eux; leurs biens sont saisis; des commissaires sont nommés pour prononcer sur les peines corporelles ou matérielles qui les frapperont. Nicolas d'Orgemont est un des juges « establiz contre iceulx Armignacs de par le roi * » ; avec lui figurent Eustache de Laître, Pierre Cauchon, Martin de Neauville, Thomas Legois, Pierre de Fresnes, dont les noms se retrouveront en 1413 parmi les meneurs de l'émeute cabochienne.

Par sa situation, par sa famille, par ses qualités administratives, Nicolas d'Orgemont devait être un précieux auxiliaire; on ne peut douter qu'il n'ait pris part à l'élaboration de toutes les mesures qui, dans l'esprit des bourgeois de Paris, devaient aboutir à la grande ordonnance réforma-

1. Arch. nat., LL 306, fol. 18. 7 novembre 1411 : « Placet majori parti dominorura quod de pecuniis fabrice titulo mutui et cum bona et sufficienti cautione tradentur d. duci Burgundie mille scuta auri ».

2. Xoël Valois, Le Conseil du roi, aux XIVe, XV et XVI* siècles (Paris, Picard, 1888, in-8°), p. 132.

3. Arch. nat., JJ 165, n° 100, 1412, 2 janvier. Don des biens de Bertrand Champion, complice des « grans rebellions » du duc d'Orléans.

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