Journal de Nicolas de Baye, t. II, p
trice, depuis si longtemps attendue1. Mais rien ne nous renseigne sur le rôle qu'il joua dans les événements violents des mois d'avril et de mai 1413. Il est au nombre des conseillers du roi qui, le 24 mai, signèrent avec le duc de Berry et le duc de Bourgogne les lettres de Charles VI, par lesquelles le roi déclarait approuver les arrestations de certains princes et de certains officiers du dauphin2. Quel avait été son rôle dans les journées tragiques où ni la demeure royale, ni la personne du dauphin n'avaient été respectées? Demeura-t-il fidèle au parti avancé et fut-il parmi les conseillers du duc de Bourgogne qui entraînèrent ce prince à soutenir Caboche et ses complices ? Fut-il au contraire parmi les modérés qui, ayant espéré beaucoup de Jean-sans-Peur, et qui le voyant s'allier aux émeutiers, essayèrent tardivement de réagir et d'enrayer le mouvement? Parmi ses complices de 1416, on en rencontre qui, comme Jean de l'Olive, furent en 1413 les partisans déterminés des Cabochiens, mais on y voit également figurer Robert de Beloy, qui fut alors l'un des premiers à vouloir arrêter l'insurrection menaçante.
Nicolas d'Orgemont, lors de la réaction, ne fat pas compris au nombre des bannis; l'émeute réprimée, on le retrouve à la Chambre des Comptes et au chapitre de Paris, où son influence paraît toujours très grande. Au moment même où les Armagnacs occupent toutes les fonctions, on le voit assez en faveur pour être un des sept commissaires nommés sur le fait des monnaies3; sa présence à côté de Robert le Maçon, de Jean Juvénal, de Pierre de Lesclat, de Michel Lallier, de Guillaume Foucault, c'est-àdire d'Armagnacs avérés, est une preuve qu'il dut, après l'émeute, abandonner le parti avancé, et se ranger au nombre des modérés qui tentèrent de gouverner avec le duc de Guyenne.