Coville, ouc. cité, p
2. Journal d'un bourgeois de Paris, éd. Tuetey (dans Société de l'Histoire de Paru et de l'Ile-de-France), p. 47.
bourguignonne furent bannis ' ; on enleva les chaînes des rues ; on força les habitants à porter leurs armes et leurs armures à la Bastille et au Louvre 2 ; on mura des portes de la ville ; des troupes d'hommes d'armes parcouraient jour et nuit les rues et les carrefours; de lourdes taxes étaient imposées sur les habitants 3. Les Bourguignons étaient exclus de tous les emplois et impitoyablement pourchassés : Jean-sans-Peur avait certes conservé des partisans ; le bas peuple, ouvriers et artisans, lui était demeuré secrètement attaché4; des bourgeois effrayés par la violence de la réaction regrettaient l'époque où il était maitre de la ville. Mais on cachait soigneusement son opinion; on n'osait avouer ses regrets et ses espérances5. La paix en effet n'avait pas été de longue durée.
Après son départ de Paris, le duc de Bourgogne envoyait une ambassade justifier sa conduite 6. Puis, sur l'annonce que le dauphin était retenu prisonnier au Louvre, il annonçait son intention de venir le délivrer 7. Malgré un ordre du roi, lui défendant de rassembler ses troupes, il avançait en armes et en février 1414, apparaissait sous les murs de Paris. Il ne put entrer dans la ville et bientôt se retira. Mais le résultat de cette campagne fut la décision prise par le conseil du roi de porter la guerre dans les états bourguignons. L'armée royale fut rassemblée. Compiègne, Soissons furent prises, Arras assiégée et bientôt des préliminaires de paix semblèrent devoir une fois de plus mettre fin à la guerre civile.
1. Voir la liste des bannis dans Douët d'Arcq : Documents inédits relatifs au règne de Charles VI, t. I, p. 163.
2. Chronique d'Enquerrand de Monstrelet, éd. Douët d'Arcq (dans Société de l'Histoire de France), t. II, p. 158.