Journal d'un bourgeois de Paris, p
dées au mois d'août précédent au duc de Bourgogne, et en ordonnant de remettre en liberté ceux des bannis qui, saut' les quarante-cinq réservés, avaient été compris dans cette rémission et qui pouvaient être encore retenus prisonniers 4, — prenait des mesures de garantie contre l'arrivée de Jeansans-Peur. On lui interdisait de continuer sa marche en avant; à ses demandes d'entrer à Paris en armes, le dauphin lui enjoignait de se présenter en simple état, accompagné des gens de son hôtel. Le 15 novembre, ordre était donné au prévôt des marchands de Paris, aux échevins, bourgeois et manants de ne laisser entrer dans la ville « aucun du sang ne autres, accompagnez de gens d'armes, quel qu'ils soient, ne à quelque occasion qu'ils se dient venir » s'ils n'étaient munis de lettres scellées du grand sceau et postérieures au 15 novembre. On enjoignait en outre de faire rompre les ponts insuffisamment gardés et de mettre en lieu sûr les bacs, bateaux et vaisseaux existant dans les limites de la prévôté de Paris, et qui pourraient servir au passage de ces troupes2.
Les jours les plus pénibles de l'émeute de 1413 et de la réaction qui l'avait suivie semblaient revenus. Le roi, le dauphin, les princes rentraient à Paris à la fin de novembre, mais leur présence était insuffisante à calmer la surexcitation populaire. On négociait avec Jean-sans-Peur ; on lui proposait une entrevue à Meaux, à condition qu'il n'y entrât pas avec ses troupes 3. L'arrivée à Paris des négociateurs bourguignons, chargés d'apporter les réponses du duc, la présence parmi eux d'Eustache de Lailre, l'un des bannis de 1413, devaient prodigieusement solliciter l'attention des habitants. Bien que surveillés de très près, les émissaires bourguignons ne devaient cependant pas manquer de s'aboucher avec les partisans de leur maître, réchauffer leur zèle et travailler à provoquer un mouvement en faveur