lbid., p
3. Ibid., p. 524 ; — et Journal de Nicolas de Baye, t. II, p. 228.
de Jean-sans-Peur. L'effervescence dans la ville était très grande. On racontait que l'on devait une nuit provoquer une émeute en criant à l'aide au roi et au dauphin, de manière à faire sortir les Bourguignons de leurs demeures et à les égorger.
Durant toute cette première semaine de décembre, les rumeurs les plus étranges circulaient. Les craintes de soulèvement étaient si vives que le 2 décembre le roi, sur l'avis du duc de Guyenne, ordonnait à Tanguy du Châtel, prévôt de Paris qu' « incontinent ces lettres veues », il fit « solennellement et à haulte voix et à son de trompe crier et publier en et par tous les carrefours et lieux accoustumez à faire ces publications en ceste nostre ville de Paris, que aucuns, de quel qu'estât qu'ils soient ne fassent assemblées ni ne se arment pour quelconque cause que ce soit sans votre ordonnance et exprès commandement sur peine de confiscation de corps et de biens1 ». Quelques jours après, les gens du roi étaient convoqués au Châtelet pour délibérer sur la sûreté de la ville2; on croyait que la commotion devait éclater dans la nuit du 4 décembre. A Saint- Martin-des-Champs, aux Bernardins et dans beaucoup de collèges on garda les feux allumés toute la nuit. « Mais ce n'estoit que toutes bourdes controuvées qu'on semoit pour cuider faire grand commocion3 ».
La tranquillité cette fois ne fut pas troublée, mais quelques jours après, le 10 décembre, on surprit un complot bourguignon. Un banni de 1413, Robin Goupil, pâtissier en la grande Boucherie, près de la Porte de Paris, qui avait vraisemblablement bénéficié de l'abolition publiée en août, fut arrêté. On avait, paraît-il, saisi des lettres qu'il envoyait par un gamin à Brie-Comte-Robert, et dans lesquelles il engageait ses amis à prévenir le duc de Bourgogne qu'il
1. Arch. de la Préfecture de Police. Livre vert vieil premier du Châtelet, fol. 63.