‹ Une grande famille parlementaire aux XIVe et XVe sièclesChapitre 125 sur 159 · Juvènal des Ursins, p · texte numérisé non relu

Juvènal des Ursins, p

ET LE PROCÈS DU BOITEUX d'ORGEMOXT 161

se hâtât de venir; près de 5.000 hommes étaient prêts à lui ouvrir les portes de la ville. Le lendemain il fut sommairement décapité aux Halles et on procéda à de nombreuses incarcérations de bourgeois, afin « qu'ils ne fissent aucune commocion en la ville contre ceux qui ne vouloient pas que le duc de Bourgogne y entrast ' ».

Tandis que le populaire s'agitait ainsi, les grands corps de l'Etat ne restaient pas de leur côté inactifs. Il paraissait opportun d'obtenir du duc de Guyenne confirmation des ordonnances jadis élaborées et que les événements des années précédentes avaient empêché d'appliquer. L'imprécision des chroniqueurs ne permet pas de préciser très nettement la nature de ce mouvement, mais il semble bien qu'il faille y trouver trace de l'action des modérés qui, comme d'Orgemont, étaient restés dans l'entourage du dauphin, et que l'on voit à ce moment même figurer dans les réunions les plus importantes. Des assemblées préparatoires étaient tenues à l'hôtel de Bourbon, en présence du duc de Berry; on voulait demander au roi de remédier à la présence des gens d'armes et au mauvais état des finances2. Depuis le début de novembre, on délibérait sur ces questions ; alors que Charles VI se trouvait à Rouen, on avait rédigé des instructions qu'une députation devait lui remettre ; conduite par André Cottin, conseiller au Parlement, elle devait comprendre trois ou quatre membres du Parlement, deux de la Chambre des Comptes, deux du Grand Conseil, et remontrer au roi « les inconvenicns qui sont et, ont esté en ce royaume, et les remèdes que pieça avoient esté advisiees par bonnes ordonnances 3 ». Le 5 décembre, au moment même où de toutes parts on redoutait un mouvement populaire, Robert Mauger, premier président au Parlement, exposa au dauphin, en présence des princes, les

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