Md.,p
Ils attendaient d'être admis en présence du dauphin, quand ce dernier, malade depuis quelques jours, mourut inopinément, le mercredi 18 décembre 1415.
Sa mort précipita les événements. Le duc de Guyenne, ennemi de Jean-sans-Peur, et obligé de s'appuyer contre lui sur les Armagnacs, avait cependant eu une politique personnelle : il parait avoir voulu, avec l'aide des modérés des deux partis, gouverner au nom du roi, en se plaçant audessus des rivalités des factions. Lui disparu, les Armagnacs, le duc de Berry, le roi de Sicile, demeurèrent maîtres de la situation. Quelques jours après la mort du duc de Guyenne, le 29 décembre, le connétable d'Armagnac entrait à Paris. Le lendemain il prêtait au roi le serment accoutumé1: le 18 janvier, Charles VI le nommait lieutenant, chef et capitaine général 2 de la guerre, avec pouvoirs illimités. La lutte avec le duc de Bourgogne allait prendre plus d'acuité, les Armagnacs demeurant seuls maitres du gouvernement.
A partir de ce moment, du reste, Jean-sans-Peur ne paraît guère s'être illusionné sur l'issue des négociations. Tous les efforts tendirent, au lendemain de la mort de son gendre, à obtenir restitution de sa fille, la duchesse de Guyenne; elle lui fut rendue à la fin de janvier3. Deux jours après la mort du dauphin, les envoyés bourguignons quittant Paris étaient, au sortir de la ville, rappelés sous prétexte d'une entente ; comme ils revenaient, au milieu de la rue Saint-Antoine, Tanneguy du Châtel, prévôt de Paris, les arrêtait, sur le bruit, d'ailleurs controuvé, que les Bourguignons avaient pris le château de Brie- Comte-Robert. La réaction allait sévir dans Paris. Les