‹ Une grande famille parlementaire aux XIVe et XVe sièclesChapitre 145 sur 159 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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2. A. Tuetey, Journal d'un bourgeois de Paris, p. 71. — Monstrelet (t. III, p. 141) place cette exécution au 2 mai.

3. Les biens de Robert de Belloy, qui possédait une maison rue de la Ferronnerie, furent confisqués; mais quelques jours après son exécution, le 27 avril, Charles VI les rendit à sa femme Jeanne et à sa fille Gilles (Arch. nat., JJ 169, n° 217). — Thierri de la Bée, couturier, qui fut banni, eut sa maison de la rue de la Ferronnerie et le domaine qu'il possédait à Chaillot donnés, en novembre 1417, à Mengin de Trêves, valet de chambre du dauphin, qui avait repoussé une attaque bourguignonne à Paris, le 23 novembre 1417, jour de la Saint-Clément : a Un hostel sis à Paris, en la rue de la Ferronerie, devant la place aux Chas, tenant d'une part à Jehan de Stanfort et d'autre part à Hermant de Couloingne, aboutissant par devant à lad. rue de la Ferronerie et par derrière à la rue du vielz marchié aux pourceaulx, devant l'ostel où pend l'enseigne de la Limace ; item un autre hostel assiz en la ville de Challoyau, ouquel hostel a masures, court, puis, preau, vignes et seaulsoye, tenant d'une part à Jacques Michiel, seigneur de lad. ville de Chailloyau, et d'autre part aux hoirs et ayans causes de feu Jehan Parsis,... contenant cinq arpens... » (lbid., JJ 170, f° 125). — La même mesuredut être prise à l'égard de Jean de l'Olive, car, le 10 mars 1417, le roi accordait à Guillaume Bélier, chanoine de Saint-Leu, en récompensation de 6 1. p. de rente annuelle sur une maison démolie pour la reconstruction des boucheries, 8 1. p., a qui souloient appartenir à Jehan de l'Olive, nagueres condamné pour crime de lèse majesté », sur une maison rue Aubri-le-Boucher, à l'enseigne de la Chèvre, (lbid., JJ 169, n° 512.) Quant à Jean Roche, sa maison de l'Ours, place Baudoyer, fut confisquée (A. Tuetey. Journal de Nicolas de Baye, p. 70, note 3, et Longnon, oui\ cité, p. 119-128). D'après la Chronique du

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furent, semble-t-il, les seuls qui furent punis de mort. La plupart des conspirateurs, prévenus à temps, avaient pu s'enfuir ; ne pouvant les atteindre, on les frappa dans leur fortune. Il fut à plusieurs reprises ordonné, par cri public, de dénoncer les coupables, et de faire connaître leurs biens ; une prime du quart de ces derniers était offerte aux dénonciateurs. Le 15 mai, l'ordonnance royale, mal observée, fut à nouveau publiée ; un certain nombre de conspirateurs virent la justice royale s'emparer de leurs maisons; mais il semble que, dans la plupart des cas, elle ne fut que très imparfaitement exécutée1.

Religieux de Saint-Denis, t. VI, p. 6, Chevance, sergent du roi, et Jean de Rivefort, maître des arbalétriers, auraient été arrêtés comme complices et exécutés.

1. Arch. de la Préfecture de Police, livre vert vieil premier du Châtelet, f°89. 15 mai 1416 : « Combien que autres fois l'en ait faict corainandementde par le Roy nostre sire et de par monseigneur le Prévost de Paris par cri solempnel et à son de trompe par les carrefours et autres lieux acoustumés à faire cris à Paris que tous ceulx qui auroient ou sauroient aucuns des biens des personnes cy après nommées, c'est assavoir de Colin Dupont, mercier, de Denisot de Baugis, chasublier, de Me Pierre de Fresnes, de Thomassin Orlant, de Jehan Barbin, de Imbert Deschamps, de Benoist Guérin, de Guillaume Alabource (?), de Jehan Faucheur, de Raoulet Gosselin, de Jehan de l'Olive, de Augustin Ysbarot, de Nicolas de Vaulbricet, pelletier, de Guillaume Orlant, frepier, de Noël Marchand, frepier, de Gerson Thouroude, drappier, de Pierre Dubien, de Thierry de le Bech, cousturier, de Me Jehan du Ronsay, de Mahiet Robillon, varlet drappier, de Jehan le Coustellier, changeur, de Marcelet Testart, espicier, de Robin de Hausseville dit Villiers, de Erart Pastourel, barbier, de messire Jannet de Poix, chevalier, du seigneur de Saint-Ligier, chevalier, de Jacques de Fosseux, escuyer, de Guillaume Drouart, de Jehan Mareschal le jeune, de Loys de Briston, de Jehan le Vicomte, de Benoist de Bessin, de Lambert Catelin, de Jean Marcel, bouchier, tous lesquels sont appelles à ban pour plusieurs monopoles, conspirations, conjurations et assemblées par eulx et autres leurs complices nagueres entreprinses contre le Roy nostre sire, aucuns de nosseigneurs de son sang, de ses principaux officiers et de la bonne ville de Paris, et que ils apportassent ou dénonçassent à justice tous iceulx leurs biens, sans aucuns en retenir ou receler sur peine de perdre corps et avoir ; neantmoins que encorés aucuns n'ont apporté ne fait scavoir à justice aucuns desd. biens desd. appeliez à ban, et pour ce de rechief l'en commande de par le Roy nostre sire et de par led. monseig. le Prévost de Paris à tous ceulx qui ont ou qui sauront aucuns des biens des

Ce n'était peut-être ; au resteras tant les personnes que l'on voulait ^atteindre individuellement, qu'empêcher, par une action; rapide et énergique, toute nouvelle tentative bourguignonne. On savait combien les Armagnacs étaient impopulaires, non seulement à Paris, mais aussi dans la campagne d ; on savait que des troupes bourguignonnes couraient le pays non loin de Paris2, que Jean-sans-Peur députait des envoyés secrets chargés de mystérieuses missions3; on n'ignorait pas les sentiments d'une partie du clergé4; on avait vu l'aide du début de 1416 accueillie avec répugnance 5 ; des corps de métiers, des villes demandaient qu'on les en déchargeât6; on pouvait redouter que

dessus nommez appelles à ban, que dedans huit jours prochains venans ils lesdits apportent ou viengnent dénoncer à justice, sur peine de perdre corps et avoir, et dès maintenant l'en pardonne à tous, ceulx qui aucuns en apporteront, l'offense par eulx faicte de non les avoir plus tost apportez ne dénoncez à justice. Et oultre l'en fait savoir à tous que ceulx qui en apporteront ou dénonceront à justice depuis ledit temps de huict jours passés, auront le quart des biens qu'ils apporteront ou dénonceront. Escript soubz notre signet, le vendredy xvc jour de may l'an M IIIIC XVI. »

1. Rémission pour Guyot Pigalle coupable d'avoir, à la Villette, comploté avec d'autres individus de livrer Paris au duc de Bourgogne. (Arch. nat., JJ 110, n° 69); et pour J. Jourdain qui prononça des paroles injurieuses contre les ducs de Berry et d'Orléans (ibid., n° 106); cf. JJ 170, n° 141.

2. Bibl. nat., P. O. 936, de la Croix, 15. 14 avril 1416. Quittance de P' de la Croix, venu d'Epernay à Paris « porter nouvelles des Bourguignons qui chevauchoient nuit et jour à Crepy, la Ferté-Milon. etc.. ». — Cf. Monstrelet, t. III, p. 148.

3. Arch. départ, du Nord, B 1908, n° 8; — Arch. départ, de la Côte-d'Or, B 1588, f° 158.

4. Bibl. nat., Dupuy, vol. 108, f°64; condamnation en novembre 1417 d'un curé des environs de Vitry-cn-Perthois, Pierre Jeannin, dit Michel, qui avait essayé de livrer Paris aux Bourguignons. — Le 8 janvier 1417, Jean Girardon, chanoine de Notre-Dame, était incarcéré pour avoir écrit au duc de Bourgogne (Arch. nat., LL 112, p. 136) ; — en décembre de cette même année, Henri de Savoisy et Mile de Dangeau furent également réputés rebelles. (Ibid.. p. 179.)

.">. Voir plus haut, p. 168; et Denifle et Châtelain, Cartularium..., t. IV, n° 2057.

6. Arch. commun. d'Amiens, inventaire sommaire, p. 20"2, 741, 791 ; envoi de députation au roi en février 1416 pour solliciter d'être déchargé de l'aide de 28.000 1., récemment imposée.

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le mouvement se généralisât, que Jean-sans-Peur profitât du mécontentement pour mettre la main sur certaines villes de grande importance, tel Tournai que, d'après des lettres, quelques bourgeois- auraient à ce même moment voulu lui livrer1. Et d'autre part, il paraît bien que l'on ait craint de voir certaines autres villes, ou du moins certains corps de métiers, suivre l'exemple de Paris, si du moins il faut interpréter ainsi les mesures prises contre la communauté des bouchers de Chartres. Ces derniers furent frappés comme le furent les bouchers parisiens.

Ce fut en effet contre ce corps de métier, qui avait joué un rôle si important en 1413 que fut principalement dirigée la répression. Au reste le pouvoir royal sut très habilement profiter des circonstances. La prévôté des marchands et l'échevinage, composés d'Armagnacs, lui étaient, depuis 1413, absolument dévoués. Il n'y avait pas, à cette heure, à redouter de leur part une opposition quelconque. Assuré tant de l'appui de la prévôté des marchands que de celui de la prévôté de Paris, le gouvernement, flattant la première de ces institutions, sut habilement restreindre les privilèges du plus influent et du plus remuant des corps de métiers de Paris, et revenir sur des concessions qu'il avait dû préalablement accorder.

Dès la découverte du complot, on mit tout en œuvre pour la défense de la ville. Le connétable Bernard d'Armagnac dirigeait une expédition en Normandie, pour tenter de recouvrer Harfleur 2. On se hâta de le prévenir ; à cette nouvelle, il s'empressa de signer avec les Anglais une trêve d'un mois 3, et regagna Paris avec 300 hommes d'armes. Remonnet de la Guerre le précéda avec 800 hommes d'armes4 ;

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