Ibid., f 77. 27 avril
qui avaient trempé dans le complot, on invitait tous ceux qui auraient en garde des biens « de ceux présentement appeliez à ban », de les dénoncer et de faire connaître où étaient ces biens; une prime du quart de la valeur des objets ainsi indiqués était accordée au dénonciateur *. Tout conspirateur découvert devait être pris et amené prisonnier au Châtelet ; quiconque cacherait quelqu'un des conjurés serait passible d'une peine semblable à celle qui devait frapper les coupables et serait considéré comme criminel de lèse-majesté; pour éviter toute évasion, il était interdit aux bateliers, sous peine du pilori et d'amende, de passer qui que ce fut par la Seine, entre le coucher et lo lever du soleil2.
Ces premières mesures ne furent sans doute pas suffisantes pour arrêter l'exode des habitants compromis dans le complot, car quelques jours plus tard, le 5 mai, une nouvelle ordonnance rappelant les conspirations et monopoles « soubz fausses et mauvaises coleurs, et paroles », enjoignait à ceux qui avaient quitté la ville depuis le jour des Rameaux « les uns pour doubte et crainte de justice et les autres pour justes causes et raisonnables », de revenir et de comparaître dans le délai de trois semaines devant le prévôt de Paris, pour faire vérifier la raison de leur absence3.
A ce moment le connétable rentrait à Paris 4, et sa présence, ainsi que celle des gens de guerre qu'il avait rassemblés, allait permettre au gouvernement de prendre des mesures plus énergiques. Le 8 mai une proclamation royale enjoignit d'enlever les chaînes qui fermaient les rues et de les porter sans aucun délai à la bastille Saint-
1. Arch. de la Préfecture de Police, livre vert vieil du Châtelet, f° 71. 28 avril 1416.