lbid., V
4. D'après Monstrelet (t. III, p. 142) Bernard d'Armagnac rentra à Paris postérieurement au 5 mai.
Antoine. Elles furent enlevées « à grant foison de gens d'armes 3 ». Mais, deux jours après, ce qui prouve à quel point le pouvoir royal tenait à associer l'échevinage et la prévôté des marchands à son œuvre de répression, et combien était grande l'unité de vues entre les hommes alors au pouvoir et la municipalité parisienne, ces chaînes étaient restituées au prévôt des marchands et aux échevins « pour icelles estre tournées et converties au proufïit, fortification, emparement et décoration de nostre dicte ville de Paris, et non ailleurs, pourveu que desdites chesnes ou de l'argent qui en ystra, lesd. prevost et eschevins ou leurs commis à ce seront tenus de en rendre compte quant et où il appartendra1 ».
Ce même jour, une seconde ordonnance enjoignait au prévôt de Paris de faire savoir « à tous les manans et habitans de nostre bonne ville de Paris et forbourgs d'icelle, tant d'église, escoliers, comme autres quelconques, que dedans mardy prochain, soleil couchant, ils portent ou envoient en nostre chastel de la bastide Sainct Anthoine, toutes leurs armeures, c'est à scavoirhaubergeons, bacinés, capelines, avant bras, garde bras, pièces, espees, dagues, haches, lances, arbalestres, canons et tous autres bastons et habillements de guerre et de deffenses quelx qu'ils soient et sans en rien mucer, receler ne destourner à ce sur peine d'estre reputez rebelles, desobeissans et de foriaire envers nous en corps et en biens ». Seuls étaient exceptés de cette
1. Archives de la Préfecture de Police. Livre vert vieil premier du Châtelet, i° 79. « L'on commande à tous de par le roy n. s. et de par Monseigneur le Prevost de Paris que toutes les chaisnes qui aujourd'huy ont esté et après seront détachées et ostées de la ville de Paris soient toutes portées ou chastel de la bastille Saint Anthoine de Paris, et que se aucunes en ont esté portées ailleurs, qu'ils les portent audit lieu de la Bastille, sans delay, sous peine de la hart. Escript soubz nostre signet, le vendredy huictième jour de may l'an M IIII«= XVI. Crié et publié par les carrefours et lieux accoustumés de la ville de Paris ».
2. A. Tuetey, Journal de Nicolas de Baye, t. II, p. 251. Cf. Journal d'un bourgeois de Paris, p. 72.