A. Tuetey, Journal d'un bourgeois de Paris, p
Paris, qui est la ville capital de nostre royaume, afin qu'elle peust estre tenue et gardée belle, spatieuse, plaisant et nette de toutes ordures, infections et immundices, nuytables à cors humains, au plus que fere se pourroit, et il soit ainsi que devant nostre Chastellet de Paris, qui est une des plus notables et communes places de nostre dicte bonne ville et en laquelle le siège ordinaire de nostre justice d'icelle ville est assise la boucherie, laquelle empesche moult la décoration d^icelle nostre ville... », Charles VI, pour remédier à tous ces inconvénients et désirant « que devant led. Chastelet ait une belle et notable place large et spacieuse », ordonnait la démolition tant de la Grande Boucherie que de l'écorcherie sise derrière le Grand Pont1. D'autres boucheries, élevées dans divers lieux de Paris, remplaceraient les anciennes. Cette mesure de salubrité publique cachait mal la pensée politique qui l'avait inspirée ; c'était la puissante corporation des bouchers que l'on voulait atteindre3. Si l'on en pouvait douter, malgré l'unanimité de l'opinion des contemporains, la hâte même avec laquelle fut entreprise la démolition en serait une preuve; dès le 15 mai, on commença d'abattre la Grande Boucherie, et dès le 17 mai, les trente deux étaux furent provisoirement installés au Pont-Notre-Dame 3. Quelques mois plus tard, une nouvelle ordonnance réglait très minutieusement l'organisation des nouvelles boucheries complètement mises dans la dépendance du roi et sous la surveillance de la prévôté de Paris. Au mois d'août 1417, Charles VI établit la nouvelle constitution de la boucherie parisienne. L'ancienne boucherie était remplacée par quatre nouvelles, comprenant 40 étaux au lieu de 32 : la première était établie à la Halle de Beauvais avec 16 étaux; la