Areh. nat., JJ 170, ne
Paris, que plusieurs de nos officiers de nostre Chastelet de Paris de divers estas, à cause des divisions et dissentions qui ont esté en nostre royaume entre aucuns de nostre sang et lignage ou autrement sont encores de présent séditieux, fort affectez et perseverens esdictes divisions et dissentions, et pour occasion de ce ou autrement ils ne font pas bien leurs devoirs en leurs offices comme tenus y sont, mais en sont remès et negligens, dont plusieurs inconveniens irréparables ensuivent de jour en jour à nous et à la chose publique et pourroient encor plus ensuir, se pourveu n'y estoit de remède convenable » ; pour ces raisons, le roi ordonnait à Tannegui du Chatel de s'informer de l'exactitude des accusations, et au cas où quelques notaires, examinateurs, sergents ou autres seraient trouvés coupables, de les punir rigoureusement, en les privant de leurs pensions et offices, et même en les incarcérant1.
Cette mesure semble être la dernière qui fut prise contre les agitateurs de 1416 ; mais pendant tout le temps que dura la domination des Armagnacs, la répression sévit violente contre les partisans du duc de Bourgogne, et d'autant plus rigoureuse que les tentatives pour livrer Paris à ce dernier prince furent plus fréquentes durant ces deux années. En 1418, les condamnés et les bannis de 1416 rentrèrent triomphants à la suite de Jean-sans-Peur et de Villiers de l'Isle-Adam. Plusieurs d'entre eux cependant avaient payé de leur fortune et de leur vie la tentative avortée. Nicolas d'Orgemont avait été la principale de ces victimes.
1. Ârch. de la Préfecture de Police, livre vert vieil premier du Châtelet, f° 101.