‹ Une grande famille parlementaire aux XIVe et XVe sièclesChapitre 156 sur 159 · Arch. nat., JJ 170, n · texte numérisé non relu

Arch. nat., JJ 170, n

2. Ibid., JJ 169, n° 474. Cette rente était ainsi assignée : « Sur le sire de Rivière, conte de Dampmartin, cent escus; sur Guillaume de Trye, chevalier, cinquante escus ; sur Enguerran de Marcoingnet, chevalier, dix escus ; sur Raoul Cassinel, chevalier, seigneur du Ver soubz Dampmartin, dix escus; sur maistre Dreux Porcher, de reste de seize livres par., huit livres par. ; sur maistre Jehan de Corbye, evesque de Mande, quatre vins dix livres par. ; sur Jaques de Chastillon, chevalier et seigneur de Dampierre, quatre vins livres par. ; sur Blanchel Braque, chevalier et seigneur de Saint Morisse, quarante-cinq 1. par., et sur Agathe la Petite, vefve de feu Robinet de Ligny, chevalier, trente deux 1. t. avec tous les arrérages ».

3. Ibid., JJ 170, n° 43; publié par Douet d'Arcq, Choix de pièces inédites..., t. II, p. 167.

Nicolas d'Orgemont ne fut pas seul de sa famille à être l'objet de la vengeance du parti vainqueur. Son frère Guillaume d'Orgemont avait hérité d'une partie des biens sis à Lagny : il y résidait souvent; il s'y trouvait au début de 1416, et il est vraisemblable que durant le long séjour qu'il fit dans cette ville, Jean-sans-Peur dut fréquenter la demeure de son échanson. Guillaume prit-il une part active aux événements qui se préparaient et fut-il l'un des membres de la conjuration ? On l'ignore, mais en tout cas il fut considéré comme complice. Il fut arrêté et incarcéré à la Bastille : son hôtel de la rue Saint-Antoine fut l'objet de perquisitions ; on y mit même des sergents chargés d'enlever les meubles et objets de prix '. Sa culpabilité ne put être établie; son nom ne figure pas au procès, il ne parait avoir été frappé d'aucune peine, et dut être remis en liberté. Son fils Pierre d'Orgemont, chanoine de Notre-Dame, qui fut également emprisonné en 1417, fut rapidement libéré2.

Lorsqu'en 1418 les Bourguignons rentrèrent à Paris, Guillaume s'empressa de demander la restitution de la terre de Méry 3 ; Pierre, de son côté sollicita de rentrer en

1. Longnon, Paris sous la domination anglaise, p. 8-9, n° III.

2. Arch. nat., LL 112, p. 146-157. Pierre d'Orgemont fut arrêté le samedi 9 avril 1417 et enfermé dans les prisons du chapitre. Il fut remis en liberté le 20, en raison de la joyeuse entrée du dauphin, à condition d'habiter dans la maison claustrale de P. Col ; le 25 mai il obtint l'autorisation de circuler dans le cloître et dans la ville.

3. Voir plus haut, p. 64. Le 8 août 1418 Guillaume obtint du chapitre copie du procès de Nicolas d'Orgemont : « Magistro Jo. Foucaut, procuratori in Parlamento pro Guillelmo de Ordeimonte, scutifero, petenti

possession de manuscrits provenant de la succession de son oncle1.

Onze années plus tard, Pierre d'Orgemont était de nouveau arrêté le 18 août 1439 et conduit au Châtelet2 ; la terre de Méry, appartenant à Philippe d'Orgemont, était une fois encore confisquée 3. Mais alors les Anglais dominaient à Paris, et Méry-sur-Oise était donné par Henri VI au maréchal Villiers de l'Isle-Adam. Les d'Orgemont étaient alors tous ralliés autour de Charles VIL Ces fidèles serviteurs de la royauté, qui avaient été au premier rang parmi ceux qui avaient aidé Charles V dans son œuvre de régénération de la monarchie française après les désastres de Crécy et de Poitiers, et qui avaient compté au nombre des conseillers dévoués de Charles VI, se rangeaient à nouveau, à l'heure du danger, autour de l'héritier légitime du trône. Les hésitations, qui avaient amené Nicolas d'Orgemont à suivre le duc de Bourgogne, étaient passées; les descendants du chancelier mettaient leur dévouement au service de Charles VII ; parvenus, grâce aux efforts de leurs aïeux, grâce à l'éclat que Pierre d'Orgemont avait répandu sur leur nom, à la notoriété et à la richesse, ils allaient grossir les rangs de cette noblesse parlementaire qui sut si bien servir les Valois. Et par une singulière fortune, le plus beau domaine constitué par le plus célèbre membre de la famille d'Orgemont allait, conservé à travers les siècles, devenir l'un des plus riches joyaux de la parure artistique de la France.

copiam processus dom. mag. N. de Ordeimonte sibi dari concessa est hujusmodi copia sibi tradi per nianum notarii capituli ». (Arch. nat., LL 112, p. 205).

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