‹ Une grande famille parlementaire aux XIVe et XVe sièclesChapitre 26 sur 159 · Gallia christiana, t. VII, col · texte numérisé non relu

Gallia christiana, t. VII, col

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mort d' Aimeri de Magnac. Cette nouvelle preuve de la faveur royale pour la famille d'Orgemont fut suivie bientôt de nouvelles marques de la confiance qu'avait Charles VI dans l'habilité diplomatique de l'évêque. Ce dernier qui avait peut-être déjà été charge de missions délicates !, eut à négocier de 1385 à 1387 2 tant auprès de la cour pontificale qu'auprès de Jean Galéas Visconti, seigneur de Milan, les préliminaires du mariage de Louis de Valois, duc de Touraine et plus tard duc d'Orléans, avec Valentine, fille de Jean Galéas3. Il réussit pleinement dans cette entreprise, et après avoir en janvier 1387 signé à Paris le contrat de mariage de Louis et de Valentine 4, il fut, dans le courant de l'année 1387, chargé de recevoir l'hommage du comté d'Asti au nom du duc de Touraine et d'en prendre pos-

session

Il ne parait pas que, dans la suite, Pierre d'Orgemont ait été chargé d'autres missions diplomatiques. Ce prélat fort riche, qui à l'occasion prêtait au duc de Bourgogne 1 .'200 1. p. 6, s'occupait activement de l'administration de son diocèse et de la grave question du schisme.

Il assista à tous les conciles nationaux qui se tinrent à Paris pour mettre fin à la division lamentable de l'Eglise ; partisan convaincu des papes avignonnais, il fut au nombre de ceux qui au moment de la soustraction d'obédience, sui-

1. Certain passage des comptes royaux relatif à l'évêque de Thérouanne peut être appliqué soit à des déplacements à la Chambre des comptes, soit à des voyages qui lui auraient été commandés par le roi. Arch. nat., KK. XI, f° 100. « Episcopus Morinensis, dom. Petrus de Ordeomonte, ei pro vadiis suis vc 1. p. et pro certa causa mixx 1. p. ultima aprilis. »

1. Maurice Faucon : Le mariage de Louis d'Orléans et de Valentine Visconli. La domination française dans le Milanais de 13X1 à 1450 extrait des Archites des Missions scientifiques et littéraires, 3e série, t. VIII, 1882), p. 9, note 1

2. E. Jarry : La rir politique de Louis de France, duc d'Orléans, p. 29. 4. lbid., p. 30.

o. lbid., p. 31.

6. Arch. de la Côte-d'Or, Peincedé. vol. XXII, p. 189. Remboursement partiel par le duc de Bourgogne à Pierre d'Orgemont de 975 1.

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virent Louis d'Orléans, défenseur acharné de Benoit XIII *. Il soutint avec âpreté les droits et les biens de l'église de Paris, qu'il sut gouverner avec la même habileté qu'il déploya, nous le verrons, dans l'administration de son propre patrimoine2. Lorsqu'éclata entre le chapitre et l'abbaye de Saint-Denis, le procès des reliques du patron de la célèbre abbaye, il prit nettement parti en faveur de l'anthenticité des reliques conservées à Notre-Dame 3.

Très lettré, Pierre d'Orgemont voulut faire profiter le chapitre de Paris des richesses littéraires qu'il avait rassemblées, et dès le 16 novembre 1400, il l'incita à établir une librairie. Pour l'enrichir, il offrit, le 27 octobre 1402, une bible glosée en douze volumes, un cours de droit civil, un cours de droit canon, un traité de médecine, et les postilles de Nicolas de Lire ; huit des manuscrits de Notre-Dame encore conservés, portent ses armes. Son testament nous renseigne au reste sur sa bibliothèque4, car il distribua ses manuscrits les plus précieux entre ses parents et ses proches ; il laissa à son frère Nicolas un pontifical qu'il

1. Noël Valois, La France et le grand schisme d'Occident, t. III, p. 3, 44, 49, 57, 185, 359 ; t. IV, p. 28, 335.

2. Cf. Arch. nat., S. 41, nos 9-10 : acte du 24 janvier 1385 relatif à une rente annuelle de 15 1. sur le port de Conflans-Sainte-Honorine ; — Ibid., Xlc 56, n° 87, 4 mars 1388 : accord avec Gui de la Tremoille sur le droit de travers de Conflans-Sainte-Honorine ; — Ibid., JJ. 154. n° 224, f° 140 v° ; mai 1399, Paris, confirmation par Charles VI d'un accord entre Pierre d'Orgemont évêque de Paris et Amauri d'Orgemont, seigneur de Montjayet de Chantilly, au sujet de l'assiette de 20 1. p. de rente que l'évêque de Paris prenait sur la terre de Montjay à cause de son dit évèché par accord de mars 1263, et de l'assignation nouvelle de ladite rente sur des maisons sises à Paris rue Richebourg. rue aux Prouvaires, grand rue Saint-Honoré, rue Raoul Roissole, en la boucherie Saint-Germain l'Auxerrois, en la Haumerie, rue Saint-Denis, et en la Tannerie ; - lbid., S. 1325, n° 45 : 1" mai 1399, maintenue du prieur de Saint-Martin des Champs dans ses droits à Carnetin, à rencontre de l'évêque de Paris, etc.

3. H. -F. Delaborde : Le Procès du chef de Saint-Denis en 1â10 (dans Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France, t. XI (1884), p. 305.

4. Cf. Léopold Delisle : Le cabinet des manuscrits de la Bibliothèque natiotionale [dans la Collection de V Histoire générale de Paris], t. I, p. 428.

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avait fait faire, une bible historiée en latin, un missel, et un livre à fermoir venant de l'évêque de Besançon ; à son autre frère Guillaume et à ses neveux une bible, un manuscrit des Propriétés des choses, un exemplaire des chroniques copié sur celui de son père, divers ouvrages juridiques, la Légende Dorée, le Roman de Troie; au collège de Dormans un doctrinal en 4 volumes *. Le surplus de ses manuscrits devait être vendu et converti en bonnes oeuvres.

Très attaché à son église épiscopale, l'évêque de Paris ne négligea pas non plus de l'enrichir de ses fondations pieuses.

Le 23 juin 1388 il avait acheté, en son nom privé, de Pierre de Craon, seigneur de la Ferté-Bernard et de Jeanne de Châtillon, sa femme, la terre de Pécy-en-Brie, moyennant 200 francs d'or. Cette terre comprenait, outre l'hôtel et jardin de Pécy, un certain nombre de cens et rentes, assis tant à Pécy qu'à Vaudoy, 212 arpents de terre, le moulin de Pécy, 14 arpents de prés, 60 de bois, 2 viviers, et toute la justice, en franc alleu ; elle rapportait 80 1. t. de cens annuel 2. Deux ans plus tard, le 5 décembre 1390, il en fit donation au doyen et au chapitre de Paris afin d'être associé lui et toute sa famille aux messes, prières et oraisons du chapitre; on devait chaque jour célébrer une messe basse à l'autel élevé près de l'image Notre-Dame à l'entrée du chœur, avant la sonnerie de prime, pour le repos de son âme, plus quatre anniversaires les 8 janvier, avril, juillet et octobre 3. Le chapitre accepta ces conditions et le 28 février 1391 l'associa à ses messes et prières4. Le 15 mai 1393, pour augmenter sa fondation, l'évêque assigna au chapitre 41. p. de croix de cens sur une maison qu'il possédait

1. Ce doctrinal en 4 volumes fut en 1416 vendu 400 1. Molinier, our ntè, p. 762).

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