AVANT-PROPOS
tèrent. Nicolas d'Orgemont au contraire méritait de fixer plus longtemps l'attention. La conspiration à laquelle il fut mêlé, la part qu'il prit à la vie publique pendant de longues années, le rang social de sa famille, l'importance de sa fortune nécessitaient que l'on étudiât plus longuement son caractère et sa personne, afin de mieux expliquer son rôle. Si, grâce au chancelier Pierre d'Orgemont, sa famille a joui d'une grande notoriété, il était cependant un certain nombre de points demeurés jusqu'ici mal connus : on ne sait au juste quelle fut leur origine : leur filiation est mal établie; leur fortune a toujours été réputée considérable, mais, sauf pour quelques seigneuries4, on ne l'a pas complètement étudiée. Quant à Nicolas d'Orgemont, on sait qu'il fut un partisan dévoué de la maison de Bourgogne; mais on n'a pas jusqu'ici retracé en détail les diverses phases de sa vie, ni les évolutions de sa foi politique.
Il nous a semblé nécessaire de répondre à ces diverses questions, et de préciser, tout au moins sommairement, quelles avaient été les origines des d'Orgemont, afin de rectifier quelques points de détail, et de résumer les traits essentiels de la carrière du chancelier et de celle de ses fils. De même, grâce à certains documents conservés aux Archives du château de Chantilly, et à la Bibliothèque nationale, grâce aux titres domaniaux et aux censiers existant encore aux Archives nationales, grâce aux minutes notariales qui nous ont été libéralement communiquées, nous avons pu reconstituer, imparfaitement certes, mais plus complètement qu'on ne l'avait fait jusqu'à cette heure, les princi-
1. Telle la seigneuriedeMéry, étudiée par M. Léopold Pamier, Mêry-sur- Oise et ses seigneurs au Moyen-Age (dans Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France, t. I (1874); — et par MM. E. de Ségur- Lamoignon et Depoin : Histoire seigneuriale, civile et paroissiale de Mérysur-Oise publication de la Société Historique du Vexin, 1892. Pontoise, in-4% — et celle de Chantilly, cf. Maçon : La ville de Chantilly. I. Les oriffinu. Senlis, 1908, in-8", p. 7 et suiv.