LES IMMEUBLES PARISIENS
Les propriétés de la famille d'Orgemont à Paris étaient toutes situées dans le quartier Saint-Antoine. Antérieurement à Pierre d'Orgemont, Jean d'Orgemont possédait déjà des terrains aux Poulies, derrière la rue Saint- Antoine. Ces biens-fonds étaient au reste aliénés dès 1339 *.
Ce personnage était également propriétaire de maisons sises rue Saint-Antoine, qui furent ensuite possédées par Pierre d'Orgemont; ce fut là que le chancelier résida et qu'il mourut en 1389 ; ces immeubles constituèrent ce que l'on appela successivement Yhôtel d'Orgemont, l'hôtel de Méru ou Yhôtel de Montmorency .
Dès le 23 mai 1323, Jean d'Orgemont avait acquis de Régnier et de Renaudin les Masuriers, une maison rue Saint-Antoine, censive de Saint-Eloy, tenant d'une part à la maison de Thomas le Pelletier, et d'autre à celle de Jean Cardon ; quelques semaines plus tard, il baillait à Thomas le Pelletier, pour 40 s. de cens annuel, une maison rue Saint- Antoine, tenant d'une part audit Thomas, et d'autre à une maison « qui fut aux hoirs Robert le Masurier » ; en même temps il achetait d'Isabelle de Lagny-le-Sec 30 s. par. de rente sur la maison de Jean Cardon « tenant de toutes parts
1. Arch. Nat., S 10664. 1339, 4 novembre : Jean le Taraerlier et Roberge, sa femme, reconnaissent avoir acquis 100 s. p. de cens, après 4 1. 6 d. p., « sur une maison grant rue Saint Antoine, tenant devant à l'hôtel de Huet de Montgiron, d'autre à la maison de Guillaume de Saint-Martin, tavernier, derrière d'une part aux Poulies qui furent jadis Jehan d'Orgemont, bourgeois de Lagny-sur-Marne, et qui sont actuellement Haimeri Picaut et Guillaume Jorrans... ».
audit acheteur ». Enfin, le 12 janvier 1331, Lorent des Maillets lui vendait 30 s. par. de rente qu'il percevait sur une maison appartenant audit d'Orgemont, rue Saint- Antoine, tenant d'une part à la maison de la Cloche, d'autre à la maison de Pierre Nantier1.
Pierre d'Orgemont acheva de se rendre maitre de l'ensemble de ces divers immeubles. Dès le 25 janvier 1350, il rachetait à Richard le Masurier 8 1. p. de rente sur une maison à lui appartenante et où il habitait, rue Saint- Antoine, tenant à l'hôtel de la Cloche et à la maison d'Etienne le Fort2; le 17 avril 1353, il devenait propriétaire de ce dernier immeuble, tenant d'une part à sa propre demeure, d'autre à Jean Dugué3. Le 16 août de cette même année, il acquérait une petite maison donnant sur la rue du Roi-de-Sicile, tenant d'une part à ses immeubles de la rue Saint-Antoine, d'autre part à son vendeur, Pierre Lallement4.
Les événements qui furent la conséquence du désastre de Poitiers et de la captivité de Jean II, ralentirent pendant quelques années les acquisitions de Pierre d'Orgemont. Mais dès que la tourmente fut passée, il se hâta, le 5 mars 1360, d'acheter à la veuve de Jean Dugué, Alis, et à son second mari, Jean de Monhostel, la maison appartenant aux enfants de Jean Dugué, tenant « de tous costés audit acheteur5 ». Dix ans plus tard, le 20 mars 1370, il rachetait à Pierre Chappelu et à sa femme une rente de 8 1. 10 s. qu'ils prenaient sur cette maison 6.
En même temps qu'il acquérait de nouveaux immeubles, Pierre d'Orgemont se libérait des charges qui les grevaient. En septembre 1360, il remboursait à Guillaume de Coubron, bourgeois de Lagny et à sa femme Jeanne 20 s. par. de