Contrat Pryvé (étude Ragot
46 LA FORTUNE DES d'oRGEMONT
caves, porte cochère, et deux petites boutiques, une grande salle haute, quatre chambres accompagnées de deux cabinets, greniers au-dessus, deux galeries sur la cour et une petite chapelle1. Après Jean le Grand, l'hôtel, que Ton appelait toujours Yhôtel de Méru, passa à son fils, Hugues le Grand, seigneur de Saint-Germain 2, conseiller du roi, maitre ordinaire en la Chambre des Comptes, dont les héritiers le vendirent, le 3 juin 1634, à Jean Talon, écuyer, seigneur de Villeneuve, conseiller du roi, et à sa femme, Renée Turin3. Thomas Talon, leur fils, qui en devint propriétaire en 16694, le vendit le 2 juin 1706, pour la somme de 70.000 1., à Claude François de la Croix, écuyer, receveur général des finances de la généralité de Moulins, qui y demeurait 5.
L'hôtel d'Orgemont se composait alors « d'une grande maison à porte cochère, rue Saint-Antoine, vis-à-vis la rue Percée, et consistant en un grand corps de logis double sur le devant, ailes sur la cour ; au bout de l'aile, petit corps de logis sur la rue du Roi de Sicile, et ayant son entrée sur cette rue » ; la porte cochère du corps de devant était flanquée de deux boutiques avec arrière-boutiques, entresol au-dessus, louées à un orfèvre et à un gantier.
Claude de la Croix n'en demeura pas longtemps propriétaire ; il le donna à sa nièce, Marie-Louise-Ursule de Guines de Souastre, le 4 mai 1725 6, lors du mariage de cette dernière avec Jean-Baptiste Chomel, chevalier, conseiller du roi en son grand Conseil, secrétaire des commandements de la duchesse d'Orléans douairière. Leur fils en hérita; le 16 janvier 1749 ' il en passa déclaration au terrier de l'archevêché, et il le possédait encore vers 17808.
1. Arch. nat., S 1098, rue Saint-Antoine, n° 10 (déclaration du 4 mars 1600).