‹ Une grande famille parlementaire aux XIVe et XVe sièclesChapitre 89 sur 159 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LA CARRIÈRE ADMINISTRATIVE DE NICOLAS d'oRGEMONT

Tandis que l'ainé des fils du chancelier d'Orgemont, Pierre, occupait un rang éminent dans l'épisccpat, que le second, Amauri, devenait chancelier du duc d'Orléans et membre du Grand Conseil du roi, que le dernier, Guillaume, était élevé à la charge de receveur, puis de trésorier général des guerres, le troisième, Nicolas, semblait, de son côté, appelé à être un conseiller écouté de l'administration royale et à jouer un rôle important dans le chapitre de Notre- Dame de Paris.

Devenu infirme à la suite d'un accident qui lui fit perdre la jambe droite et le condamna à une pénible claudication *, Nicolas d'Orgemont en garda le surnom sous lequel il est connu, de Boiteux d'Orgemont.

On ignore la date de sa naissance. Mais, si l'on se souvient que son frère Amauri dût naitre vers 1355, on peut, semble-t-il, la fixer vers 1356-1360. Lorsqu'en 1376 il fut pourvu de farchidiaconé d'Amiens, il n'avait pas atteint l'âge de vingt-cinq ans 2 ; d'autre part, il parait avoir été majeur en 1382, puisqu'à cette date il abandonna à ses

1. Chronique du Religieux de Saint-Denis, (éd. Bellaguet, dans Collection des Documents inédits sur l'Histoire de France), t. VI, p. 6 : « ... quanquam impotens tibiis et dextram ligneo apodiamento sustentaret. »

2. Arch. nat., XlA 4788, fol. 217, 30 janvier 1409 : « ...en la cause de me N. d'Orgemont, complaignant en cas de nouvelleté d'une part, et l'evesque d'Amiens et m' J. du Puy opposans, d'autre part, qui proposent et dient que l'arcediacré d'Amiens estoit incompatible avec autre prébende, et sy a cure dames annexée, lequel si lui fu donné ore a xxxiij ans, n'avoit pas aage> car il faloit avoir xxv ans... »

frères Amauri et Guillaume une partie de la succession éventuelle de ses parents1.

Nicolas d'Orgemont ne reçut pas l'ordre de la prêtrise ; il fut ordonné sous-diacre en 13892, et diacre seulement le 17 mars 1403 3.

La place prépondérante que son père avait occupée dans le gouvernement de Charles V, l'influence dont jouissait sa famille, l'intelligence et l'habileté qu'il montra dans les questions financières, pouvaient, malgré les inconvénients de son infirmité, lui permettre de jouer un rôle utile auprès de Charles VI. Son nom l'y aidait, et non moins sa fortune.

Nous avons vu quels avaient été les fructueux résultats des efforts continuels du chancelier d'Orgemont pour constituer un patrimoine immobilier considérable, auquel ses ressources mobilières ne semblent pas avoir été inférieures. Nicolas eut sa part de ce riche héritage. Avant même que son frère Pierre, évêque de Paris, lui eut laissé, à sa mort, les seigneuries de Méry-sur-Oise, de Pois, d'Auvers 4, et les terres de Fericy et de Machau, il avait

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