‹ Une grande famille parlementaire aux XIVe et XVe sièclesChapitre 99 sur 159 · Ibid., LL 112, p · texte numérisé non relu

Ibid., LL 112, p

5. Franklin : Les anciennes bibliothèques de Paris (dans Collection de l'Histoire générale de Paris), 1. 1, p. 9 et suiv..

6. Voir plus haut, p. 23-24 ; — et L. Delisle, Le Cabinet des Manuscrits de la Bibliothèque nationale (dans Collection de l'Histoire générale de Paris), t. I, p. 428.

confiées 4. Après sa mort, du reste, un de ses manuscrits entra dans les collections du chapitre2.

L'intérêt que le doyen de Saint-Martin de Tours portait au chapitre de Notre-Dame l'incita à désirer que son souvenir fût gardé après sa mort : aussi, à l'exemple de son père et de ses frères fonda-t-il son obit ; et pour être associé aux prières, il légua, en 1412, tous les biens dont il avait hérité de l'évêque de Paris dans le territoire de Machau-

1. Arch. nat., LL 109v , p. 107, 5 novembre 1400 : « deputati sunt ad visitandum locum in quo poterit fieri libraria in eccl. Parisiensi mag. H. Blancheti, P. de Lorriaco, et Jo. de Sanctis » ; — ibid., p. 110 : « quia dom. episcopus Parisiensis affectât et in tenditdarelibros ecclesie Parisiensi, dum taraen esset libraria in ecclesia, elegat d. dom. episcopus locum quem maluerit pro dicta libraria facienda » ; — ibid., p. 109, 15 nov. 1400 : a onerati sunt mag. R. de Lorriaco, H. Blancheti, N. de Ordeimonte, J. de Sanctis et duo domini îabrice de facienda fieri libraria ecclesie secundum ipsorum discretionem et prudenciam » ; — ibid., p. 144, 30 mars 1401 : « deputati sunt M. Jo. de Chanteprime et X. de Ordeimonte ad perticiendum Iibrariam eccl. Parisiensis, et ad tractandum de precio » ; — ibid., LL 109B , p. 245, 9 août 1402: « distribute sunt claves librarie, videlicet d. decano Parisiensi una, dom. cantori alia, dom. archidiaconi Brie alia, dom. decano Turonensi alia et cetere sunt distribuende ».

2. Il s'agit du pontifical que l'évêque Pierre d'Orgemont avait fait faire, et qu'il légua par son testament à son frère Nicolas. Lors de l'arrestation de ce dernier en 1416 et de l'attribution d'une partie de ses biens à J. Taranne, ce manuscrit devint la propriété de ce dernier, qui en fit don à l'église Notre-Dame. Pierre d'Orgemont, neveu de Nicolas, et également chanoine de Notre-Dame, le réclama comme héritier de son oncle et le donna le 3 février 1423 à la librairie du chapitre : « Pontificale quod dudum fieri fecit dom. Petrus de Ordeimonte. Parisiensis episcopus, et quod per suum testamentum mag. Nicolao de Ordeimonte, suo fratri, dédit, quodque post decessum dicti mag. Nicolaï pervenit ad manus mag. Jo. Tarenne, canonici Parisiensis, et ipse Tarenne dédit eum ecclesie Parisiensi, hodie repertum est per mag. Petrum de Ordeimonte, canonicum Parisiensem, heredem dicti mag. Nicolaï, sui avunculi, dicentem quod ad ipsum Tarenne nullatenus spectabat ipsum alieni dare, quare requirebat ipsum sibi restitui debere per capitulum tanquam suum, fuit eidem plenarie restitutum verbaliter, propter quod ipse mag. Petrus de Ordeimonte de liberali restitutione gavisus ipse dédit cum liberaliori voluntate capitulo et ecclesie Parisiensi », Ibid., LL 112, p. 394 ; — d'après M. Franklin (ouv. cité). Nicolas d'Orgemont aurait également donné à la bibliothèque du chapitre plusieurs manuscrits, entre autres un missel, actuellement conservé à la bibliothèque Mazarine sous la cote 737.

en-Brie; ces domaines relevant de la censive de Saint- Magloire, le chapitre de Notre-Dame n'accepta cette fondation qu'après que le donateur eut acquitté les droits d'amortissement 4.

Les longues années durant lesquelles Nicolas d'Orgemont fut revêtu de la dignité canoniale, l'influence que lui donnaient et sa parenté avec l'évêque de Paris et sa fréquentation de la cour et des princes de la famille royale, devaient l'amener à jouer un rôle actif dans les grandes questions auxquelles le chapitre fut mêlé. C'est ainsi qu'en 1406 lorsque le duc de Berry désirant obtenir une parcelle des reliques du chef de saint Denis, pensa à en faire la demande au chapitre de Notre-Dame, Nicolas d'Orgemont fut l'un de ceux qu'il chargea de transmettre sa requête aux chanoines 2. Bien que l'on ignore quelle part le doyen de Tours prit au grave conflit qui s'ensuivit avec l'abbaye de Saint- Denis, tout permet cependant de supposer que, suivant l'exemple de son frère Pierre, il fut l'un des plus acharnés défenseurs des prétentions de l'église de Paris 3.

Nous ne savons non plus d'une manière précise quelle

1. Arch. nat., LL111, p. 78, 27 octobre 1412: « Placetdominis acceptare terram et hereditates quas tenet et possidet apud Machellum in Bria mag. Nicolaus de Ordeimonte, canonicus hujus*ecclesie, et quas vult concedere pro fundacione sui obitus solemni, anno quolibet celebrandi, ut moris est, ... ita tamen quod idem mag. Nicolaus nonnullas dictarum terrarum que asserruntur esse in censiva Sancti Maglorii Parisiensis et ab eis... lacius descriptas in quadam cedula super informatione valoris facta.. »

2. Ibid., LL 109e , p. 531, 9 janvier 1406 : « cum illustrissimus princeps dominus Johannes Biturieensis dux, hodie de mane mandasset pro dominis decano, N. de Ordeimonte, R. de Lorris, canonicis hujus ecclesie pro certis eis per eum exponendis, dictique domini fuerunt erga eum, ipseque eis exposuit quod ipse haberet devocionem erga sanctum Dionisium, cujus domini caput habebant in ecclesia, rogavit dominos quatinus inpersonam ipsorum quatinus domini vellent sibidare de capite dicti sancti Dyonisii unum modicum Irustum seu modicam peciam ; domini concesserunt, nullo contradicente ».

3. Voir sur cette affaire H. -F. Delaborde : Le Procès du chef de Saint- Denis, dans Mémoires de la Société de l'Histoire de Paris et de l'Ile-de-France, t. XI (1885), p. 297 et suiv.

fut son attitude dans les discussions qui ne manquèrent pas d'être soulevées au chapitre, à propos du schisme et de la soustraction d'obédience. Au reste le chapitre de Notre-Dame paraît avoir eu dans ces tristes événements une attitude assez effacée. Autant que l'on en puisse juger par les passages des registres capitulaires où il est question du schisme, il semble bien que comme l'ensemble du clergé français, il essaya, très jaloux de ses droits et de ses prérogatives, de demeurer le serviteur dévoué de la royauté nationale, tout en étant fils soumis et respectueux de l'autorité pontificale; son attitude fut modérée et digne; quelles que puissent être leurs opinions et leurs sympathies personnelles, les clercs, ou du moins la plus grande partie d'entre eux, n'oublièrent jamais que les attaques violentes dirigées contre le pouvoir pontifical retombaient sur l'église entière ; et ils surent se garder des excès de langage dans lesquels tombèrent trop souvent les universitaires.

L'église de Paris avait pour chef un prélat qui comptait au nombre des familiers du duc d'Orléans, et dont la famille devait beaucoup à la protection du duc de Bourgogne. Pierre d'Orgemont, dans les nombreuses réunions provoquées par le pouvoir royal, dans les discussions qui s'y élevèrent, ne paraît pas s'être départi d'une sage réserve; il ne suivit pas Louis d'Orléans dans sa politique partiale en faveur du pape d'Avignon ; mais d'autre part lorsqu'en 1398 Charles VI et Philippe le Hardi, avant de prononcer la soustraction d'obédience, consultèrent nominalement les dignitaires ecclésiastiques, l'évêque de Paris fut de ceux qui, conseillant la modération, se déclarèrent partisans d'une soustraction particulière, limitée au refus des annates et des procurations ; et encore, avant d'arriver à cette extrémité, conseilla-t-il de tenter de nouvelles démarches auprès de Benoît XIII '. Le chapitre de Paris

1. Arch. nat., J 517, n° 54 : « Opinio P. episcopi Parisiensis est ista. Primo in consciencia sua et per suum juramentum sibi videtur quod via

suivit l'exemple de son évêque, et son avis sur la soustraction est conforme aux opinions émises par Pierre d'Orgemont1.

Il est vraisemblable que Nicolas d'Orgemont, envers qui

cessionis ultronea faciende per dominum nostrum papam Benediclum et per adversarium suum contendentem de papatu visa fuit sibi semper et adhuc videtur utilior et melior omnibus aliis viis apertis ad cedendum et tollenduin omnino scisma quod, pro dolor ! viget in ecclesia Dei. — Secondo eidem videtur quod si placeret domino nostro papedictam viam cessionis acceptare, quodbenefaceret et magnum afierretcommodum universali ecclesie et multorum consciencias pacificaret. — Tertio sibi videtur quod adhuc de presenti non est facienda pape substractio, donec adhuc semel ad minus fuerit summatusde acceptando dictam viam cessionis per ipsum faciende, si adversarius suus idem velit facere. — Quarto eidem videtur quod dicta via substractionis, antequam concludatur in ea, est notificanda dominis cardinalibus, et eorum opinio habenda, sicut fuit factum in via cessionis. — Quinto eidem videtur quod dicto domino nostro pape, attenta ejus summa dignitate, est adhuc summatio facienda, antequam ulterius procedatur, quia magis mature contra obtinentes dignitates in ecclesia Dei, potissime pontilicales ac eciam contra obtinentes seculares dignitates et egregias personas est procedendum, quam contra personnas pravas aut médiocres, quanto magis maturius est procedendum in tam arduo negocio et contra illum qui obtinet supremum gradum dignitatis summi pontiticatus. — Sexto eidem videtur quod si post summacionem adhuc débite factam pape de acceptando viam cessionis, si adversarius super hoc idem velit facere, papa esset ita dure et ostinate opinionis, quod ipsam nullo modo vellet acceptare, melius esset eidem substractionem saltem particularem, videlicet emolumentorum camere, procurationum et collationis beneficiorum facere, quam semper in tam doloroso scismate remanere, attento quod alie vie aliàs tacte ad sedationem dicti scismatis sunt ita difficiles perducendi ad efïectum, quod quasi impossibiles reputantur. P. d'Orgemont ».

1. Arch. Nat., J 517, n° 115, 11 juin 1398 : « Opinio decani et capiluli ecclesie Parisiensis domino nostro régi vel suis deputatis in congregatione prelatorum super executioue vie cessionis explicanda est ista : videlicet quod ipsis videtur dominum nostrum papam Benedictum XIII, antequam ad aliqualem hujus vie cessionis execucionem procedatur, fore benigniter exhortandum ex parte cleri regni Francie, eidem humiliter supplicando, quatinus hanc viam acceptare velit, in casu quo intrusus huic vie condesceodere et eam acceptare voluerit. Quod si forte renuerit, eidem dunlaxat substrahantur fructus et emolumenta ecclesiastica, que in toto regno percipit, tam ex procurationibus quam primis annatis beneficiorum vacancium et aliàs quovismodo provenientia. Actum in capitulo, die xi° mensis junii, anno Domini M0CCC'"° nonagesimo octavo. G. Picardi ».

Benoit XIII se montra toujours bienveillant *, partagea l'opinion de son frère et de la majorité du chapitre. Toutefois, s'il en fut ainsi, ses sentiments se modifièrent dans les années qui suivirent. L'influence du duc de Bourgogne à qui le doyen de Tours était, comme nous le verrons plus loin, profondément attaché et celle du groupe bourguignon devenu vers 1406 très important dans le chapitre de Paris durent en être la principale cause; d'autre part les échecs du doyen de Tours pour l'obtention de l'archidiaconé de Paris et de Josas augmentèrent son animosité, et Nicolas d'Orgemont apparut bientôt comme un des adversaires de la cour d'Avignon.

En 1406 le gouvernement de Charles VI, se séparant à nouveau de Benoit XIII, se préparait à observer une absolue neutralité entre les deux pontifes rivaux. A ce moment l'Université de Paris, sentant l'instant favorable, déféra au Parlement la lettre contre la soustraction d'obédience, adressée par l'Université de Toulouse au roi en 1402. Soutenue par les ducs de Berry et de Bourgogne, cette requête fut accueillie, et une instruction fut ouverte contre plusieurs clercs, dont deux chanoines de Notre-Dame, Th. Hocié et Nicolas Fraillon, accusés d'avoir approuvé et divulgué cet écrit2. Nicolas d'Orgemont fut l'un des conseillers au Parlement qui furent chargés de s'occuper de cette affaire 3 ; et en 1408 il fut l'un des membres délégués par le chapitre au cinquième concile national qui allait légitimer les actes de violence commis par le pouvoir royal à l'encontre du pape d'Avignon 4.

1. Benoit XIII avait le 13 octobre 1404, donné à N. d'Orgemont des bulles de réserve d'un canonicat à Saint-Méry (Arch. nat., LL 109B , p. 453).

2. Noël Valois, la France et le grand Schisme d'Occident, t. III, p. 432 et suiv.

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