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M^« DE SENNEVIÊRES A BLANCHE DE FRESNE

C'est à moi, ma chère enfant — permettez-moi de vous appeler ainsi, mon âge et l'inaltérable amitié

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110 UNE HBUHB A URB.

qui VOUS unit à ma petite-^fiUe m'en donnent presque le droit -«- c^est à moi de réparer, s'il en est temps encore, le mal que nous vous avons fait, un peu étourdiment, je Tavoue.

Le malheur aigrit les âmes les plus sereines et rend soupçonneux les esprits les moins défiants. Si Ton ne doute de personne à votre âge, au mien, surtout quand on n'a guère vu de la vie que ses méchants côtés, on doute, ou peu s'en faut, de tout le monde.

J'ai eu le tort grave de ne pas garder pour moi mes soupçons ; Madeleine a eu le tort plus grave d'être indiscrète et d'éveiller en vous une crainte que je veux être la première à dissiper. Oii avais-je les yeux? L'écriture de M. votre oncle ressemble vaguement, il est vrai, à celle de ce. . . Louis Lefèvre ; mais, en l'examinant de plus près, j'ai acquis la certitude — et je m'en félicite — que je m'étais trompée, et que Madeleine, avec ses yeux de vingt ans, s'était trompée comme moi, la chère folle !

Pardonnez-nous donc à toutes les deux.

Il faut que les têtes blanches sachent au besoin se courber comme les autres. Je reconnais mes torts, pauvre vieille femme que je suis; n'est-ce pas la meilleure manière de vous les faire oublier? Car vous oublierez tout cela, vous me le promettez? — pour ne songer qu'aux témoignages d'affection que

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voua a donnés votre excellent oncle ; et si parfois le souvenir vous en revient, dites-vous et répétea» vous que, pliant, Madeleine et moi, sous le poids de la misère, nous avons si ardemment et si sou« vent souhaité d'en sortir, que nous nous accrochions, comme les gens qui se noient, à des roseaux que nous prenions pour des branches.

Surtout, ne grondez pas Madeleine !

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