‹ Une heure avant l'ouverture prologue en un acte mele de chantChapitre 13 sur 18 · ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ENSEMBLE

Heureux souvenir De renfance.

Je sens revenir L’espérance;

Ta, chanson me plaît.

Je t’adore.

Mon joli Couplet,

, Chante encore.

BERNARDET

11 est cliaruaaiit, je ne dis pas le contraire .. .Mais pounjnoi ne dit-il pas les choses font uniment an fieu de ciiaiiler ? MADEMOISELLE BOULINGRIN.

C’est à cause dé cela (jue je l’aime ! 0 mou joli Couplet!

- OLYMPE

Oh! rua princesse adorée!

BERNARDET

Il me semble , ma fille, que vous pourriez au moins épargner aux regards de votre vertueux père le spectacle de vos extravagances.

MADEMOISELLE BOUI.INCIIIN,

Oh! mon père!

BERNARDET

Suspendez un peu votre duo, qui n’est pas'Mrop vilain du reste, je dois en convenir... et parlons <ies préleiidants parmi lesquels je suis obligé de choisir. 11 y en a un, selon moi, qui me parait avoir des titres sérieux.

sr,É\K viir.

MADEMOISF.I.I.E BOI LllSGlil.N.

Qui donc?

' BERNARDET

Maxime ou Maiiricej je ne sais plus au juste Kiiün la gi amie pièce,

OLYMPE, à part.

Mou ennemi le plus aclianiél

MADEMOISELLE BOULINGRIN

Mon père!

BERNARDET

Quoi ! ma lüle cliérie !

MADEMOISELLE BOULINGRIN

Je ne veux pas l’épouser.

BERNARDET

Et pourquoi cela, s’il te plaît?

MADEMOISEI.E BOULINGRIN.

L’enchanteur dont je vous parlais, le méchant enchanteur qui nous a séparés/ c’est lui !

BERNARDET

Ma Allé, il ne convient pas de repousser les gens si briisquement, surtout quand ils ont du mérite. Maurice n’en manque pas, il s’en faut. Tu ne veux jias l’épouser, cola te regarde. On peut cependant choisir plus mal. Le jour où tu serais entrée dans sa maison, il t’aurait jui dire, sans doute, des choses qui ne t’auraient pas déplu : « C’est ici, t’aurait-il dit, que Marguerite Gautier est inortej c’est ici que Marco s’est liien portée; c’est ici qu’une main vigoureuse et loyale a terrassé Olympe. »

OLYMPE

Je ne vous dis pas le contraire; mais une fois qu’il aurait dii cela, et deux ou trois choses encore, qu’est-ce qu’il lui resterait à du e?

Air :

Le genre tiu’ici l’on vous vante Me semble iin cheval merveilleux.

Tète fine, jambe éléganle,

Large poitrail, jarrets nerveux.

Il irait de Paris à Rome,

Ventre à lerre, sans s'arrêter,

. ■ C’est un cheval parfait en somire.

Mais il faut savoir le niuiitcr.

A Rome, il irait ventre terre;

C'est un cheval, sans le vanter,

Comme lequel on n’en voit guère,

Mais il faut savoir le monter.

' BERNARDET

Cela est iilein de justesse, mou joli jmge.

UNE HEURE AVANT L’oDVERTüRE.

OLTHPE.

Alors, je continue...

BERNARDET

Tu vas encore chanter un petit air?

OLVMPE.

Non, vous n’y êtes plus habitué, il ne faut pas forcer la dose. Je continue, mais en parlant : de deux choses l’une, ou .Maurice ne saura pas le monter, ce cheval, et alois, si voîis lui donnez votre tille, elle n’aura pas de quoi acheter des robes.

BERNARDET

Oui, mais s’il sait monter, .Maurice ; si la grande pièce est bonne...

OLYMPE

Si la grande pièce est bonne, savez-vous ce qui arrivera?

BERNARDET

Non.

OLTHPE.

11 arrivera que, le jour où vous lui offrirez la malade votre tille, Maurice vous demandera une prime.

BERNARDET

Tu crois?

OLTHPE.

J’en suis siir. La première fois que vous l’inviterez à dîner, Maurice vous demandera une prime.

Encore?

OLTHPE.

11 vous demandera une prime le jour où il baisera la main de votre tille.

BERNARDET

Oh! oh!

OLYMPE

Une prime le jour où il lui prendra la taille.

BERNARDET

Ohl oh!

OLYMPE

Une prime le jour...

BERNARDET

Holà! mon page !

MADEMOISELLE BOULINGRIN

Mon père, je vous supidie de ne pas me contraindre à ce mariage.

BERNARDET

En vérité, ma fille?

MADEMOISELLE BOULINGRIN

Je ne veux pas épouser un homme qui a tant de goût pour les primes.

tCÈNE IX.

BERNARDET

Le fait est que cela mérite réflexion.

OLYMPE

Nous sommes sauvés !

BERNARDET

Allons, allons, cela ne rnoiiilie en rien mon opinion. Maurice a (les qualités, cela est incontestable; il est incontestable aussi (^u’il ne ferait qu’une bouchée tie la dot de la princesse.

OLYMPE

En voilà déjà un dont nous sommes débarrassés.

s MADEMOISELLE BOULINGRIN.

Oh! mon bon petit père, que vous êtes gentil!

' OLYMPE

* Air :

Un bon mariag', n'en doutons point,

S’ra U Qu d’ cette comédie;

Pour le forcer, vite, au besoin,

£ml)rassons-nous dans tous les coins.

Ah ! j’ t’aimons tant, j' te doun’ tant d’ baisers.

Qu’il faudra bien qu’on nous marie;

J’ t’uimoiis tant, j' te donn’ tant d’ baisers.

Qu’on n’ pourra pas nous 1’ refuser.

(Entre Coralie. — Olympe et mademoiselle Bouliogrin dansent sur la reprise des deux derniers vers.)

Page 1