‹ Une heure avec.. 1924Chapitre 28 sur 53 · CCC · texte numérisé non relu

CCC

do Éome : c c'est le récit d’un voyage à Dia à travers # campagnes françaises. À

Il y à aussi son Emmanuel Burden, livre suirique su) Vous politique. |

attaque.

Sa poésie, surtout ses sonnets, vivra certainement.

Belloc a une très grande importance dans la vie mil tante de l’église catholique en Angleterre. Beaucoup de gens n'en auraient pas franchi le seuil sans lui. Son i fluence personnelle, qui est immense, tient surtout à 5e étonnante vitalité et à son extraordinaire érudition.

Comment m'a-t-il influencé, moi et les autres ? Die une à sorte de magnétisme ? Nullement. Il nous montre simplement la vérité. Il requiert notre attention : l’église ca lique est là, comme le bec de gaz dans la rue. Vous P: ez à côté sans le voir, mais si l’on attire votre attention, Ye8s ne songerez jamais à nier son existence. |

Belloc a un don d’ exposition extraordinaire, il est maître dans l’art d'enseigner ses pairs. Un exemple n début de la guerre, Belloc a entrepris dans Land

. montré ce que c'était qu’une armée, sa formation et son

G.-K. CHESTERTON ie 4e

‘organisation “ il le savait mieux que quiconque puisqu il | avait fait son service en! France. Il ne laisse dans l’ombre

aucun point essentiel d’une question. C’est un phénomène Traré ICI. »

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Nous demandons alors à Chesterton si le Père Brown de La Clairvoyance du Père Brown avait comme prototype son ami Father O’Connor, curé de Bradford et l’un des princi- paux agents de la conversion du pamphlétaire. — L'original de Father Brown, nous a-t-il répondu. Fig est peut-être mon ami Father O'Connor ; seulement Father Brown est Anglais et Father 0° Connor est Irlandais. J'ai rencontré Father O’Connor longtemps avant ma conversion, chez des amis dans le Yorkshire, et cette pre- mière rencontre me demeure très présente. 0 … J'avais écrit des articles sur des aspects de la vie où le mal m'apparaissait particulièrement odieux. Father O'Connor me révéla à son tour certains détails de la vie de Bradford où le mal se manifeste sous des aspects in- * croyables. J'en fus très frappé.

Or, dans la soirée, deux jeunes étudiants de Cambridge | se joignirent à nous, et nous parlâmes de différents sujets, | mais surtout de littérature. Father 0° Connor se retira le | premier. Après son départ, les deux jeunes gens parlèrent de lui fort aimablement, comme souvent ici . protestants parlent des prêtres. Ils ajoutèrent toutefois qu'ils ne pou- vaient pas croire que la meilleure vie fût celle du prêtre. Ils reprochaient au prêtre de s’enfermer dans sa sainteté comme dans une tour d'ivoire et d'ignorer la vie et le mal. À leur avis il était beaucoup plus noble de se mêler au monde, de le connaître avec son mal et de lutter. L’ironie de la situation m’amusa beaucoup : ainsi, ce prêtre venait de me dévoiler le mal sous des aspects qui m ‘étaient jus- …. qu'alors inconnus, et ces jeunes étudiants croyaient con-

iüte m’apparut comme. Je point de d possibles. EC «FT + *x x

Avant d'arriver au catholicisme, j'ai ei par stades et lutté longtemps. <.

I] faut vous dire que toute une partie de l'Église cane S appelle « 16 catholicisme anglais ». Hs estimer

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Les différents stades de l’évolution sont difficiles à xp quer dans leurs détails. “ J’ai souvent revu Father O’Connor chez nos ami €

mnuns dans le Yorkshire.

Après beaucoup d’ études et de méditations, j'en “S arrivé à conclure que ee maux dont a sou | Mauvais Fiches, que d” Fins n “est pas cathlique Or, la postion Dr

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Vous voulez savoir ce que m'a apporté le cos

C est bien difficile à dire. Avant ma conversion, J' beaucoup d'idées catholiques, et ma manière ‘08 ve : Hs a CRE changé. ar

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— G.-K CHESTERTON a 2:

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rité ecclésiastique, c’est ‘aussi une … le jugement. Ainsi, tout le monde, ici, écrit sur la mode, discute sur les jupes trop courtes, sur les femmes trop

fondement solide. Je vais vous dire pourquoi. Ils ne savent as ce que c’est que la chasteté, tandis qu'un catholique le sait, et il sait ainsi pourquoi il condamne les modes . d’aujourd’hui. is Etre catholique, c'est vraiment une situation de tout repos ! C’est avoir une métaphysique indestructible et qui . peut servir de base à tous nos jugements, qui nous permet de mettre nos idées et notre vie à l'épreuve, et à laquelle on peut tout rapporter. »

et généreux, de son bon sourire de géant, =

S. Fo

I] reprit : | 4 « Parmi les vertus qu’engendre le catholicisme, il y en a qui manquent terriblement à l'Angleterre. L'essence même du catholicisme, c'est d’être le centre de gravité de la vie. Chaque nation qui s’en détache perd quelque chose.

rement l'humilité ;: deuxièmement, un sage emploi de :a

- raison, et je ne suis pas certain que ces deux choses n’aillent

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… pas ensemble. Je m'explique : l'humilité a cessé d’être une

Ù 53 Q LA 4 g. - … fier leur idéal avec leur « Moi ». Ils se sont soulevés contre toute contrainte, même celle du syllogisme, c’est-à-dire

j Are se . , Rs .

ont beaucoup d'imagination poétique, ils sont devenus trop

. poétiques, c’est-à-dire qu'ils sont trop crédules, et la chose

…. est « un type épatant » ?

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base qui sert à établir

peu vêtues, mais toutes ces critiques ne reposent sur aucun

Et M. G.-K. Chesterton souriait de son sourire indulgent

L'Angleterre y a perdu deux vertus essentielles : premiè-

que l’homme croit le plus facilement, n'est-ce pas qu'il | #4 Ë

. vertu anglaise parce que les Anglais en sont arrivés à identi-

contre le fait que deux et deux font quatre. Les Anglais

Prenons un exemple : Les Anglais sont très patriotes et-

= Leurs femmes sont encore pires. Jé crois qué cela est dû.

crète, Fémme, Patrie. Ds se consacrent à à quelque ne à déhors d'eux-mêmes. Chez l’Anglais, à ce même sentir À se mêle le sentiment d'être Anglais, la satisfaction dé : tue RU telle qu’elle existe en lui- même. er

s'aime Lions lui- -même en tant qu'Anglais. | Ce patriotisme n’a pas des effets aussi sains que le a ) -tisme français. Il revêt d’ailleurs la même forme én AI e magne où il s’aggrave encore de pédantisme.

L’humilité a donc disparu d'Angleterre en même te ps. que le catholicisme. Elle ‘a disparu parce que les Anglais ; - ont perdu le véritable sens de la dignité humaine qui s’établit sur l'égalité chrétienne. On a traité les pauvres avec mépris. La bonté du pasteur ou du seigneur de campagne

est plus méprisante que celle du propriétaire français.

fait que la Bible à pris la place du Saint-Sacrement.

Élisabeth prêta serment sur lé Saint- Sacrement, dJac ques I” sur la Bible, voilà la transition. Se

Quand grands et petits vénéraient lé Saint- Here tous comprenaient, aussi mal ou aussi bien. Pour les igno: rants, c'était une chose naturelle ; pour les savants, un m YS | tère, Ni les uns, ni les autres, ne pouvaient s'élever au dessus ou s'abaisser au-dessous. Mais quand on fait d’un livre la chose essentielle, quand on lui donne la pla Qu occupait un mystère, tel que le Sacrifice dé la Messe, on. a une Chose : que lès uns comprennent mieux que les autres. On crée du même coup une aristocratie qui peut lire, ét. = une classe inférieure d’illettrés. On crée une classe aITOont qui veut instruire l’autre, Le

4 Fe CHESTERTON 143 igà nd le prêtre venait LbGber au peuple l’hostie, il ne À comprenait pas plus que ce peuple ; le drame demeurait pour tous mystérieux ; mais quand ce pasteur apporte la Bible, il comprend — ou croit comprendre — il enseigne,

il est maître d'école. Tout cela accroît les divisions SoGtIe “ qui sont à mon avis la chose la plus terrible du monde moderne.

Je sais que certains disént en France que le fait que notre AR est en grande partie irlandais nuit à la « catholicisa- : Ron | » de l’Angleterre. Mais ce n’est pas du tout mon avis.

Au contraire. Le mécontentement anglais, à l'égard de l'Irlande, est un séntiment collectif. Lés prêtres irlandais ne sont nullement impopulaires. Ils sont pleins d'humour, . gais, aimables, sociables, comme tous les Irlandais. D'autre part, ils ont un sens profond de leur responsabilité morale,

ét ils ne font jamais de politique. ‘

1 Certains pasteurs anglicans anglais se sont convertis au

- catholicismé ét ils ont une très grande influencé, mais cela

tient 2 à ce que le milieu anglican leur était ouvert ét qu'ils | péuvent donner leur propre expérience en exemple, »

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— J ai passé une partie de ma vie à bataïiller avec Ber- nard Shaw. , Cette lutte constitue en Angleterre un passetemps national. Voir G:-K. Chesterton et Bernard Shaw

batailler est un sport favori.

… Il y a une différence capitale entre Shaw et Wells. Shaw | Fe ‘est enfin éveillé à la connaissance du passé et sa Jeanne d'Arc est à ce point de vue fort caractéristique. “4 Wells, lui, est encore perdu dans le futur. Il à une. imagination extraordinaire, mais ses utopies deviennent de plus en plus nuageuses et même ennuyeuses. Il voit le er tout en beau; dans les contrées qu’il imagine et dépeint tout est si monotonement séduisant et parfait

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qu'on a l'impression que, dès qu'il a quitté. le p sujets doivent se mettre en grève pour introduire de diversité dans leur vie. Je me le représente toujours \ genoux devant son arrière-petit-fils. C’est une position 1 peu ridicule. | Ra Shaw n'était pas moins grotesque, mais il comme ce à

__ comprendre que le passé existe ; il découvre l'église - lique, il s’éveille à la conception de son existence ; pour le passé se met à vivre. Dans Jeanne d'Arc, il reconnai J'importance du moyen âge que nous autres catholiq nous vénérons depuis longtemps. tete

= Bien que Wells ait écrit un manuel d'histoire, il ign l'existence du passé. Teen Tr TARN Quant au caractère, Wells tombe dans le danger oppo à celui de Shaw. NE Wells a toujours l'air de s'adresser à dix mill __ d'hommes, il se croit la voix du monde moderne. Un autre malheur avec Wells, c'est que si l’on critiqu: sa philosophie de la semaine dernière, les arguments n portent plus contre sa philosophie d'aujourd'hui. Évolt {t-il ou fond-il ? Quelle instabilité d’esprit | Shaw est l’opposé du démocrate. Il ne veut pas avoir

diction fait homme !

— Je n'aime pas parler de Hardy et de Bennett; injuste envers eux, Car je ne peux pas accepter leur. sophie, c’est-à-dire la philosophie que Hardy expose « Bennett sous-entend ; et en tant que pamphlétaire-né ne peux pas être juste envers des gens qui ont une pl sophie opposée à la mienne. LUEUR La tragédie de la philosophie de Hardy, c'est que C le diable qui a fait le monde, et celte philosophie me pa morbide. | SAT AISESRRS

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