GR CHESTERTON
in est un clone écrivain.
… The Dynasts est une tragédie intéressante, mais elle ot. basée sur cette fausse philosophie dont je vous parlais. Pour moi, la lutte de Nelson et de Napoléon me semble excellemment la lutte de deux hommes ; j'y vois l'épopée de la volonté humaine. Hardy, lui, n’y découvre que le jeu des forces mauvaises et du déterminisme.
ns ..…
Les jeunes me semblent intéressants, mais un peu morbides, Ils me font l'effet des poilus qui avaient recu des commotions à la guerre : tels Huxley et Rose Macaulay. Ils se sont dégagés de beaucoup de préjugés, ils ont perdu, par ‘exemple, le scepticisme familier des Anglais et je ne 1 serais pas surpris qu'ils arrivent au catholicisme.
Aldons Huxley est le petit-fils du vieil Huxley, Rose -
re
ï Macaulay est très habile, Michael Arlen, un Américain, est du même genre. Cette nouvelle attitude est peut-être due à . la psychologie de la guerre, ils sont tous horriblement sensitifs, ils satirisent tout ; la manière dont vous levez votre verre, la manière dont vous attachez votre chapeau au porte- -Mmanteau, etc... C’est à mon avis, la marque caracté- ristique de tous les jeunes. Elle est bonne ou mauvaise, en
| tout cas elle est différente de ce que nous étions, elle fait
réaction contre l'optimisme progressif de Wells et C°, et je répète que je ne serais pas étonné qu'elle conduisit au
quait le bloc solide du catholicisme pour. l'arrêter. Les mots sont insuffisants pour dire l'horreur que Fépront | de ce mouvement.
#: Ici, ils disent que le bouddhisme comprend toutes les religions. Voilà justement ce qui m'effraye. J'aimerais
te : 10
D oise. Huxley parle déjà de quelque chose de ce :
ÿ ROSE
146 UNE HEURE AVEC mieux un fétichisme dans une petite île, mais qui se battrait pour la sauvegarde de ses fétiches. Je lutte pour des choses qui ont une identité et voilà pourquoi je veux préserver le dogme et le culte. o IN ST La chrétienté représente l’idée que les choses existent dans leur limite. C’est la volonté de Dieu qui a créé les créatures différentes pour qu’elles se reconnaissent les unes les. autres dans leurs différences et s'aiment, si possible.
Je vais parler maintenant d’une manière symbolique. Dans mon idée, il y a en Asie un grand démon qui essaie de fondre tout dans le même creuset et qui représente tout. baignant dans une immense mare. Nous devons résister à cette tendance qui veut abolir les lignes de démarcation.
Cette tendance est à la base du bolchevisme qui veut détruire les lignes de démarcation des propriétés, de l’impérialisme, qui veut tout comprendre dans un seul pays et du bouddhisme qui nous dit qu'il faut tout comprendre dans une seule religion, dans une seule grande âme. tes
La personne à la tête du mouvement, ici, est madame Annie Besant. FLE
S'il n’y a qu’une grande âme, mon âme ne doit faire, qu'un avec celle de madame Besant ! dy ee. É Damnée perspective, avouez-le !... eo
__ Les revendications des Hindous sont dénuées de sagesse. Les Égyptiens et les Hindous sont des pédants, ils emploient de longs mots pris dans notre vocabulaire latin pour réclamer pour eux des choses que nous avons créées. La démocratie, le Parlement, etc., sont des créations de. notre esprit européen chrétien ? Ils ont vécu bien longtemps sans y penser, et tout d'un coup, ils se lèvent et les . exigent de nous. É
Aussi n’ai-je aucune sympathie pour eux. Je sympathise. avec les gens qui demandent des choses simples et ‘qui revendiquent leur temple, leur terre, leur argent. Mais
Fe. Yi
quand ils deviennent pédants et demandent des choses qui sortent d’un manuel européen, j'appelle cela de l’im- N pudence..… y»
LR * - x %
En terminant, M. Chesterton nous entretient du nouveau journal qu'il fonde, G. K. Ch. Weekly.
«Ce n’est pas, nous dit-il, un organe catholique, comme la Vie Catholique en France, mais c'est un journal qui » défendra la tradition telle qu’elle a été constituée par les grandes idées catholiques. Nous n’avons pas en Angleterre * d’hebdomadaire intelligent, ni de revue intellectuelle luttant pour les idées morales et sociales du catholicisme. La philosophie catholique, à l'heure actuelle, est une des deux. ou trois qui comptent. Les catholiques ne sont plus persécutés. Si cinq ou six étudiants d'Oxford parlent de Dieu, l'un d’eux sera peut-être catholique ou, en tout cas, il . parlera de notre philosophie comme d’une chose intelligente, et cependant, dans la presse, le catholicisme est “encore traité comme une petite secte stupide.
Nous défendons la propriété contre le socialisme et nous \ défendrons contre le capitalisme sous la forme amériine des « trusts ». Pour moi, la propriété doit être sauvée de ces deux écueils. La propriété doit être personnelle. Le développement de la personnalité humaine n’a pas de meileur appui que la propriété... » | . Toutes ces déclarations de G.-K. Chesterton prenaient dans mon esprit un relief extraordinaire, car je savais que notre ami les « signait » par un apostolat incessant qui ‘compromettait même sa santé. Durant les semaines qui avaient précédé, nous nous étions suivis à travers toute … Angleterre, à deux jours de distance. Il parlait devant des * auditoires considérables : « Ce ne sont pas des conférences, » me disait une de ses auditrices de Bristol, ce sont d’étin- Celantes causeries à bâtons rompus ; on est vivement inté-
Le talent de Claudel est comparable à un vin violent, d’un goût de terroir unique, pre...
Doué comme un artisan du Moyen-Age, Paul Claudel est un être d'élite.
Si la poésie consiste à être relié autmonde par un réseau plus vrai et plus intime que celui des autres humains, à faire vibrer à l’unisson des cordes éloignées et mystérieusement apparentées, à extraire l'essentiel de la circonstance et l'éternel du transitoire, alors le seul poète grand, invincible poète de notre temps, c'est Paul Claudel.
Léon Dauner.
FRE (Souvenirs)
M. Paul Claudel, ambassadeur de France au Japon, est aussi l’un des plus grands écrivains de la France contem- 5 poraine.
Le lecteur de nos deux premiers livres de Une héuré avec. a pu voir quelle fervente admiration les meilleurs … écrivains de notre temps ont vouée au poète de L'Arbre. - L'Arbre est le titre collectif de la première série de son théâtre, qui comprend Tête d’or, l’Échange, le Repos du - septième jour, la Ville et la Jeune fille Violaine. 2 Presque tous ces drames ont été écrits entre vingt et … vingt-cinq ans. Tête d’or, qui demeure une œuvre capitale,
à een le fruit de sa dix- Re année. if \ sont È le a de midi, l'Annonce faite
ce éryeillouse bé ; l'Otage, le Pain dur et le Par = -humilié: |
ou à us voix et le ne de satin, ne. iné de On lui doit d’ autre ue ün Art poétique pets 0
é . de Dr.
De Paul Claudét méritait d'atteindre le grand publie, a - peuple de Dieu pour lequel il écrit. :
+ - Hélas ! il ne fut jamais joué que sur des scènes d' ait : à l’OŒuvre de son ami dévoué Lugné-Poë, au Colombier et sur des scènes privées. ” Tranquillisons- nous. Claudel et son œuvre peuvent À tendre. Une jeunesse qui vient de la terre et du ciel es garde de vieillir.
Hé Si nous manquons à cet homme et à cette œuvre, C de tant pis pour nous, mais rien ne retiendra de sonner, un joùr prochain, Mie des tardives et: éclatantes rép
ie tions.
. Paul Claudel Fous son temps et la littérature de pays. A
- C’est un grand écrivain, c’est un grand poète ! Et, comme écrivait Léon Daudet dans le plus clairvoyan enthousiasme : € Messieurs, mesdames, pardonnez-mo pardonnez-lui et saluez-le ! »
— Durant votre our au Japon à-t-on traduit en Î nais : TRES -unes de vos (œuvres ?
—— On a traduit mon mimodrame, La femme et son ombre, une grande partie des poèmes en proseide Connais- sance de l'Est et l’on achève en ce moment la traduction de l’Annonce faite à Marie. On a joué aussi là-bas en japonais La Nuit de Noël. | Malheureusement, je ne suis pas à même de juger si toutes ces traductions sont bonnes, car le japonais littéraire est une langue très différente du japonais parlé et très diffi- «ile à assimiler.
Mon principal traducteur est un jeune homme plein d'intelligence et parlant parfaitement notre langue, qui s'appelle Yoshio Yamanouchi. J’ai eu le plaisir de me faire beaucoup d’amis dans le monde des étudiants, des écrivains . et des artistes. Tous ces jeunes gens ont une sincérité, un enthousiasme pour l'idéal qui font plaisir. Il y a là de grandes forces pour l’avenir. a Je vous engage à lire les merveilleuses nouvelles qui ont paru dans un petit périodique, malheureusement défunt aujourd’hui, qui paraissait sous la direction de M. Maïtre eï qui s'appelait Japon el Extréme-Orient. C'est aussi bon que du Tchekov. s
— On semble abandonner un peu aujoutd’hui les Haï * Kaï (poèmes de trois lignes) et les Uta (poèmes de cinq lignes) pour des poésies plus longues. Néanmoins,. il s’agit
{toujours d'impressions très concises faisant valoir des . blancs énormes et l’on demeure loin des épopées primitives. - Ge que j'ai pu mieux apprécier, ce sont les formes dra- matiques de la poésie japonaise et particulièrement le M6.
+ = Yei, x LIEN ]
… — Le N6 est une forme d’art extrêmement raffinée, mais … jl faut voir jouer ces épisodes dramatiques pour bien les . comprendre. ni
… Le N6est le drame réduit à une situation, à une attitude, essentiellement dépouillé de toutes les préparations, épi-
ES FEAT #2 AS
au ralenti. Les personnages restent immobiles pendant
de cature,
sde, combinaisons, Sn etc. . est Je d’une émotion humaine qui tourne lentement de spectateur.
L'élément essentiel est un élément de he sp est tr
heures. C’est pour le spectateur une école de discipline, te de ses mouvements et de ses émotions, :
Les gestes des acteurs se réduisent aux he ent absolument a mais ils les a sur +
met à agitér les avant-bras. en
De même la récitation du texte se fait dans les Ne sa aucune nuance, modo plano.
Vous savez que j'ai fait jouer moi-même au théâtre périal de Tokyo une sorte de N6 qui s ‘appelait la Fee son ombre. ne
Quand je surveillais ici autrefois les répétitions de m pièces, j'ai toujours eu de grandes difficultés malgr bonne volonté de mes artistes. Se
On me disait toujours : ce n’est pas la vie ! On blà cette espèce de psalmodie que je voulais obtenir des acte: comme dans le plain-chant et que j'ai retrouvée avec de joie dans le Nô. Comme si l’art n’était pas la négai de la vie ! Comme si la poésie n’était pas Ja 1e d la vie!
Ou plutôt, l’art et la poésie sont la vraie vie expres ct douée de sens, tandis que ce qu’on appelle la vie, la vi quotidienne, n’en est que le rudiment et souvent la car
On formule comme un dogme ce principe que |? art NE imiter la vie. L'art a pour but de réaliser ce dont Ja n° donne que des ébauches fragmentaires. Elle est
Pin : à Æbitleier, une Hs de thèmes pour l’inspiration, une matière PRRDeS et non un modèle.
pas à une œuvre poétique la même patience, la même bonne
volonté qu'ils apportent à l’audition d’une symphonie, d'un concerto. Il n’y aura de véritable théâtre que lors-
qu'on aura créé un théâtre du dimanche où l'auditeur arri-
wera frais et patient comme celui des concerts populaires —— et sans la préoccupation du métro.
Il faut prendre la vie quotidienne comme on feuillette ee mots dans un dictionnaire. 6 «L'art, imitation de la vie ! » Maïs aucun art n’a jamais “fait cela. La tragédie classique en est aussi loin que pos- sible. Le drame de Hugo également. < . Voyez-vous, la poésie sera toujours un chant, pas moyen : de l'empêcher.
diques français et sur la métrique que j'ai moi-même em-. : Je n’ai aucun goût pour les polémiques.
Français apportent une passion que je ne comprends pas.
| auteurs. Le public n’a à voir que son plaisir. J'ai composé surtout, là-bas, Le soulier de satin, énorme
. drame en quatre journées, mélange incongru de bouffonnerie, de passion et de mysticité et qui touche à des points
. ce sera seulement à quelques exemplaires qui seront confiés
. toute ma vie. Il m'a occupé pendant quatre ans et demi. … J'ai dû récrire complètement la troisième journée qui avait “ péri, avec nombre d’autres manuscrits, dans l’incendie de
— Oui, j'ai composé une étude sur les rythmes prosO= ployée, mais je ne sais pas si je me déciderai à la pbs * à Dans ces questions de grammiaire et de prosodie, se À
Ce sont des questions de cuisine qui n’intéressent que les.
aux archives de l’amitié. Ce drame résume l’œuvre de .
. assez obscurs de l’âme et de la pensée. Si je publie ce livre, .
mon ambassade. Et maintenant, je ferai probablement des choses d’un genre différent.
La forme de Soulier de Satin est he des dass 4e. Calderon et de Shakespeare que j'ai toujours beaucoup admirée, Shakespeare dans ses dernières pièces, employait un. : système d'actions conférentes qui se rapportaient l’une s l’autre, comme les mots établissent des accords entre eux du seul fait de leur juxtaposition. Ces actions n’ont pas forcément entre elles d’enchaînement logique ou mécanique. C’est une trame composée d’un fil bleu, d’un fil. rougé, d’un fil vert qui, sans cesse, paraissent et ER raissent. Ç’a été une vraie joie, un vrai soulagement pour. : moi de m'éloigner autant que je le pouvais des patrons dé: l’art classique français ou, du moins, de la manière dont les pontifes d’aujourd’hui se le représentent. rs Les théories romantiques se rapprochent certainement | beaucoup plus de la vérité que celles de Patin et de Nisard. Le malheur est que la poésie romantique française a été pratiquée par des gens doués de moyens insuffisants. Il lui . a manqué un Berlioz ou un Delacroix. Michelet, si grand NA qu'il soit, ne suffit pas à nous consoler. LS J'ai commencé à écrire aux alentours de ma quatorzième à année. Un fureteur a même retrouvé récemment, dans la fosse aux ours de l’Odéon, une pièce satirique, L’ endormie que j'avais dû composer entre ma quatorzième et ma quin= zième année. Ce qu’il y a de curieux, c’est qu’elle était déjà écrite sous cette forme de « verset claudélien », comme on. | dit d’une façon qui me déplaît assez. e Édouard Champion veut faire de cette première pièce #1 une reproduction photographique à peu d’exemplaires. 7 Mais je n’ai jamais rien écrit de propre avant ma rencontre D de Rimbaud et ma conversion. Il fallait la bonté de Mallarmé pour trouver un intérêt quelconque à l’essai informe . que je lui avais envoyé en 1887. Re:
J'avais écrit en 1888 un autre drame, Une mort préma- Le
1 ur ée, aus j'ai détruit, mais dont des fragments importants ont passé, presque sans changement, dans Partage de Midi s qui ést la première œuvre où } ’ai vraiment pris conscience de moi-même. J'étais alors dans tout l’enivrement des poètes dits classiques (latins et grecs) que je venais de découvrir. . — Vous ne rééditerez pas Partage de Midi ? Je l'ai vu représenter, il y a quelques années, dans le studio de > madame Autant-Lara. Les rôles étaient tenus par des écrivains. Fernand Divoire et André Arnyvelde interprétaient | Les plus importants... à __ — Je ne rééditerai jamais Partage de Midi. Des raisons ) s'y opposent. | . Madame Ëve Francis en à joué admirablement ae scènes en novembre 1916.
— Au cours de vos différents séjours en En CO a vous avez fait éditer là-bas certains de vos livres ?
à Fou- -Tchéou, à cent cinquante exemplaires, Connaissance
du Temps et ma traduction de l’Agamemnon d’Eschyle. u Pour Connaissance du Temps, j'avais fait insérer une note: dans le Mercure disant que l'ouvrage serait envoyé gTatuitement à ceux qui en feraient la FE Je reçus une quarantaine de lettres. Il ÿ en avait une de Claude Debussy dont l’affectueuse fidélité ne m’abandonna jamais.
à la main.
__ La Veuve Rosario n'avait pas un matériel très perfec-
L se servait de 5 renversés..
En 1914, Victor Ségalen, l’auteur de René Leys, l’un 34 des très beaux livres écrits sur la Chine et de Peintures, poèmes en prose sur la fin de toutes les dynasties chinoises, imprima dans sa Collection Coréenne éditée à = PORTES
. Gonnaissance de l'Est.
PAUL ti ne à 155
— Oui, j'ai fait éditer en 1904 chez la veuve Rosario à ’
C’est très agréable de travailler avec un imprimeur sous
tionné à sa disposition. Je me souviens que comme il n'y avait pas de points d'interrogation dans ses « casses » on