‹ Une heure avec.. 1924Chapitre 39 sur 53 · UE AR · texte numérisé non relu

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“ {éndance à s’enfoncer dans l'étude du cœur au détriment … du secret du monde. Je n'accepte pas de‘ne pas connaître. … j'ai la hantise des problèmes de cause et de fin. Je ne peux

pas oublier que je vis en un point d’une sphère. Ter

Le

Nu

200 UNE HBURE AVEC

x à | 'erre qui tourne vertigineusement dans l'espace. C’est trop facil de dire : Mystère, et de s'en aller scruter à Ia loupe k

cœur de la Sanseverina. C’est le ciel aussi qu'il faut scruter Un Rutherford, un Einstein, m'intéressent autant que Proust... | | | +24

Je veux savoir. | ki

Si l’homme ne m'explique rien, eh bien, il y a Dieu.

à we

Dieu est le grand refuge de tous ceux qui ont un besoin

profond de vérité. Il ne faut pas éluder le problème de Dieu. Et il semble qu'aujourd'hui on en revienne (Arland, Philosophies) à envisager de nouveau la grande question. | His

— On parle de votre conversion ! a.

7 Pourquoi pas ? Dé, dans‘ un article consacré au Fleuve amour, mon ami, Elie Richard, écrivait un jour :. « Delteil finira en prison ou au cloître. » Ce qui m'attire. vers le catholicisme, c’est cette odeur de catacombes, ce goût de la passion, de la flamme, ce combat pathétique entre l’âme et Je COTPS, cette façon de porter la vie : humaine sur le plan dramatique. Le plus grand catholique, c'est Savonarole. Le Catholicisme est très beau. =

Seulement, il y a, hélas ! les catholiques ! à

ke

Vous savez qu’un certain parti catholique, le parti sa-. Cristain, m'a attaqué très violemment à propos de Jeanne d'Arc. C’est toute la question des relations entre l’Art et le. catholicisme qui se pose à ce sujet. +3

Tous les grands écrivains catholiques ont eu maille a: partir avec cette faction. Les Léon Bloy, les Barbey d’Aure-

4 Lé Fr e. - ÿ * villy, elle les a persécutés. Un Huysmans avait horreur de

| à s é k OS la bondieuserie. Barrès lui-même à été tenu en SUSpiCion, …

On a: maltraité Montherlant. On parle de mettre Mauriac L. en accusation. Veut-on arracher Ja plume des mains detous les écrivains catholiques ? Tient-on absolument à

NOUS prouver qu'on ne peut pas être à la fois catholique et …

à JOSEPIT DÉLTENL

eT Tant de rigorisme est fait pour éloigner à jamais religion catholique beaucoup d’esprits qui, comme n L. en sentent en eux un besoin profond. Je sais bien ae la Croix, ce n’est pas tout le catholicisme. Et je enorgueillis de l’hommage qui m'a été apporté à cette casion par des catholiques sincères, pratiquants, et inteldigents. Notez bien que ma Jeanne d’Arc n’a pas de pré tentions théologiques. C’est une œuvre d’art, une œuvre romanesque. Je n’ai voulu ni toucher ni même effleurer k question de Jeanne sainte. J'ai montré Jeanne humaine. Je ne nie pas sa sainteté, je me garde bien d'émettre le joindre doute à ce sujet. Mais je suis un artiste, et je suis indigne d'aborder la question sainteté. Jacques Maritain le dit avec une logique lumineuse. Pour aborder la sainteté, il faut l’aide de la Théologie. En art, il y a les droits de.

., Hangeant des rabeTes VE RAUe Eu est-il contraire au Hole M. Guiraud ? Quel cœur sec faut-il avoir pour se méprendre sur l'innocence d’un tel trait ! Je ne arle pas de l’art : M. Guiraud n’y entend goutte. Et puis je fait-on en tout cela de l’amour qui épure et transfigure ut ? Allons, c’est toujours la lutte, la vieille lutte entre lettre et l'esprit, entre Jeanne et la scolastique montée 1 graine. Au fond, ce qu'on me reproche, c'est ce que le Se pat de Rouen Re à Jeanne : de croire aux

Jeanne d’Arc est une idéale figure. Elle incarne : conception que j'ai de la vie hümaine. Deux grandes v ius : réalisme et passion ; terre et esprit ; Corps. et co À travers la plus grande des Françaises, c’est la Fran elle-même que j'ai voulu célébrer. Un homme comm Baïlby écrivait dimanche dernier dans l’Intransigeant … « Après cette lecture, on comprend mieux la chance qu'oi

a eue d’être né sur ce sol nourri de bon sens, d'équilibre et d’énthousiasme. » Oui, Jeanne d'Arc où Éloge de 1 France. Cette visionnaire est une grande réaliste. Dans à moyen âge, terriblement raisonneur, éntottillé dans les Sy tèmes et les textes, Jeanne apparaît comme une fleur révo lutionnaire ; c’est la première figure moderne. J'avoue avoi écrit ce livré avec un singulièr amour. J'avais envie de mettre une petite préface dans ce genre : « Jeanne d’Art c'est moi ! » Mais il paraît qu’on n'aurait pas compris, où mal compris. Et quel enseignement que Jeanné soit une femme ! Seule une femme peut élever la notion homme

à des limites aussi hautes. L'homme est trop raisonneur.

J'aime lés femmes. Tous mes héros sont des femmes.

— Le réel ? Oui, mais À condition de n’en pas être l'eslavé. Vous savèz avec quelle ardeur j’embrasse les choses Créées, comme je regarde un arbre, un insécte, comme j'ouvre les ÿeux grands. S.

Aucune partie du monde ne 1e semble médiocre, aucuné Cellule animale ou végétale ne me $emble indigne de l’art. Au point de vue vital, une fleur qui fleurit, c’es aussi beau, aussi mystérieux qu’un Bergson qui pense. L matière est une, et je tâche de trouver les harmonies néces saires,"les justes correspondances, entre un grain de sabl et un cœur de femme. Oui, je crois au monde réel. Mai

CA

nire la réalité et moi, c’est moi qui Suis le mâle. C’ est

Le Nature est une belle esclave : elle n’a qu’à obéir.

Je trouve dégradant un certain aplatissement de l’homme Don le réel. Cette subordination des naturalistés devant le sujet est veule. Je crois tout de même que l’homme est le premier être de l'Univers ; il est le roi de da matière. Je ne suis pas suspect d’indulgence envers l'intelligence, à qui je tire fort souvent les oreilles. Mais il faut reconnaître que seul parmi les myriades d’êtres constituant J'Univers, l’homme -esi pourvu d'intelligence. C’est d’ailleurs un fait assez bouleversant, et, pour moi pérsonnellement, une des plus sûres preuves de l'existence de Dieu. Cette primauté confère évidemment lé droit dé dis-. socier et de recomposer le réel sélon les lois de l'intelli-

gence.

Paul Valéry à propos du Vinci ?

— Valéry est un monstre, au sens tératologique. Poète ‘ou penseur 9 Non, poète et penseur. C'est merveilléux, un cas unique actuellement. Quelle lucidité lorsqu il écrit dans Variété : « La plupart des gens y voient par l intellect bien plus souvent que par les yeux. » Cette phrase éclaire toute Ma littérature actuelle, toute cette littérature d’ intellectuels et de psychologues, en dehors de toute vie vivanté. C'êst en.

| songeant à cette phrase que j'ai écrit dans Jeanne d’Arc :

part : « La révolution de l'œil. » Oui, toute la lutte est entre | J'intellect et l'œil. Ma théorie (quelle horréur, une théorie) c’est l’œillisme.

|genré . « J'avais la manie de n’aimér que le fonctionne-

. ment des êtres et dans les œuvres, que leur génération. » Eh bien non | C’est l'être qu’il faut aimer et non pas son « fonctionnement, l’œuvre, ei non sa génération.

ne.

| HER JOSHPH DELTEIL 08

moi qui ‘choisis, prends et dispose, en toute souveraineté. à

u — En somme, c'est un peu la théorie que développe

Et Regarder avec les yeux, c'est assez original. » Êt autre -

4 Ce que je reproche à Vos. ce sont des aveux de ce

ne

du LRU rite Mur.

Dans l’espace de dix lignes, je AUIREE 22 M f

(UNE HEURE AVEC Une pêche est meilleure qu’un Traité sur les mal

. Et Cocteau ?

— Cocteau est un dessinateur de beaucoup de talent

S "est LRQUEE montré à moi sous un jour peu large. Une

vais dans un salon. Un de mes amis demande à une dame : « Avez-vous lu Sur le Fleuve Amour ? — He Cocteau me l’a interdit.

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