‹ Une heure trop tard (volume 3)Chapitre 24 sur 32 · UN BAI. OU MAURICE NE PUT DIRE UN MOT · texte numérisé non relu

UN BAI. OU MAURICE NE PUT DIRE UN MOT

Maurice arriva au bal , conduisant Blanche, Pauline et leur mère.

— Quel est ce danseur si bien mis ? demanda Blanche .

Maurice suivit des yeux l'indication de Blanche. Mais la contredanse était finie, et le danseur s^tait perdu dans la foule.

— 11 est, dit Blanche, tout vêtu de noir ; sa

cravate, son gilet, et la doublure de son habit sont en velours noir ; c'est un costume qui donne beaucoup de noblesse.

— Oui , dit Pauline ; je l'ai vu, il est très bien . Maurice se mordit les lèvres. Il était allé

trop tard chez son tailleur , et ses habits ne pouvaient être prêts que pour le lendemain — Il avait une cravate blanche, un habit brun , un gilet violet, un pantalon noir — Il eût trouvé son costume ridicule dans un autre — cela l'embarrassa.

Quelques instans après , vint près de lui le cavalier qui avait attiré l'attention des deux jeunes filles — C'était Richard. Maurice le prit par le bras et l'emmena dans l'embrasure d'une fenêtre. Maudit Richard, dit-il, tu m'as volé mon habit.

— C'est, dit Richard, un hommage rendu à ton goût. Pourquoi n'as-tu pas le tien?

Maurice n'insista pas ; il ne voulait pas sembler y mettre autant d'importance qu'il y en mettait réellement ; il répondit :

— Le mien n'était pas prêt.

Après quelques instans , Maurice oublia cette contrariété. Assis avec Richard sur un divan, il se mit à examiner le bal.

T. il. i5

'226 UNE HEBM TROP TAHD.

— Comme ces femmes sont nues, dit- il ; paqse encore aux femmes mariées ; si leurs maris les laissant annoncer ainsi — que dès quelles sont épouses d'un homme elles appartiennent à tous.

Mais au moins, les mères devraient-elles penser qu'elles n'ont pas le droit, en décolletant ainsi leurs filles, de les prostituer aux regards, pour les donner ensuite, salies parles yeux et les désirs de tous les danseurs, à un mari qui les croit vierges, parce qu'elles n'ont pas reçu la dernière caresse, à un imbécile qui ne pense pas qu'un regard souille une femme.

Et encore si elle en étaient plus belles ; mais vois cette seule jeune fille, avec cette robe àla vierge, qui ne laisse voir que le cou, et qui le dégage si gracieusement. Comme elle est jolie, et comme celte modestie l'embellit encore.

— C'est, dit Richard, une confidence que tu ne ferais pas aux deux demoiselles que tu as amenées. Car, sans être très décolletées, elles le sont beaucoup plus que celle-ci.

— Pourquoi pas? dit Maurice — pour plaire aux femmes, tout le monde s'épuise en com-

plimens. On n'attaque la place que par un côté ; il y a avantage à se présenter du côté qui n'est pas attaqué, et par conséquent pas défendu. D'ailleurs les femmes, avant toutT veulent plaire ; elles n'ont rien à faire près de ceux qui les trouvent adorables, et puis se récrient à chacun de leurs gestes, à chacun de leurs paroles. Mais si un homme ne les admire pas sans restriction, c'est celui-là qu'elles veulent charmer, et s'il ne se rend pas de suite, il a heau jeu, et peut faire une bonne capitulation.

L'orchestre appela les danseurs ; il se fit un grand mouvement à la faveur duquel Maurice eut triple place sur le divan. Richard la quitta et se rapprocha des dames.

Il invita Blanche, qui répondit qu'elle était engagée; Pauline l'était également. Quand l'orchestre joua la ritournelle, Fischerwald vint chercher Pauline. Blanche regardait autour d'elle d'un air inquiet.

— Votre danseur ne vient pas, dit Richard.

— Il m'a oubliée, reprit Blanche.

— Je n'aurais pas cru qu'aucun homme en fût capable ; il faut qu'il soit fou.

— Vous devez Le savoir, dit Blanche en souriant.

C'est celui qui vous a pris le bras il n'y a qu'un instant.

— Maurice ! Il est là-bas étendu sur des coussins qu'il n'est pas près de quitter. Permettez-moi de le remplacer ; j'en serai bien heureux, et lui-même me saura bon gré d'avoir réparé, autant qu'il est en moi, son incroyable étourderie.

Blanche hésitait. Il manquait un couple à la figure ; Fischerwald vint les chercher.

— Ce monsieur qui est venu nous chercher, demanda Blanche, est-il aussi un ami de M. Maurice?

— Lequel ?

— Celui qui danse avec ma sœur.

— Quelle est votre sœur?

— Celle quia de si beaux yeux noirs.

— Oui, c'est comme moi, son ami intime. En effet votre sœur a des yeux presque aussi beaux que les vôtres.

— Les siens sont plus grands.

— Je ne crois pas ; mais en tous cas, les vôtres sont bleus.

— Je préfère les yeux noirs.

— Je ne suis pas de votre avis. Les yeux bleus conviennent mieux à une femme —

Les yeux noirs sont plus vifs qu'expressifs ; ils expriment profondément ce qu'ils disent, mais Une peuvent tout dire. Ils sont sembla* blés à un instrument mélodieux qui n'aurait que quelques notes. Les yeux bleus , au contraire , expriment toutes les nuances, même les plus délicates et les plus insaisissables ; c'est un instrument mélodieux et harmonieux qui possède tous les tons et les demitons.

Maurice, en voyant de loin danser Richard avec Blanche, comprit sa bévue, et se mil en route pour en venii faire ses excuses. Il arriva comme la danse finissait. Toutes les personnes du salon se divisèrent en petits groupes et en conversations particulières.

— Voici encore, dit Maurice, une jeune personne avec une robe à la vierge. Quand ce costume ne serait que décent, ce serait un avantage; mais encore il sied parfaitement.

— C'est ce que me disait monsieur, interrompit Blanche , en désignant Richard ; et sa remarque m'a rendue si honteuse, que je n'oserai plus quitter mon écharpe.

— Quelle cravate as-tu là ? dit Richard à Fischerwald.

2vi0 UNE NKUIW. TROP TAKD.

— Ah l dit celui-ci , une cravate très originale. Tu sais que je n'ai jamais pu me mettre comme personne. La bizarrerie est plus forte que moi.

Fischerwald avait une cravate si raide, qu'il n'essayait pas de tourner la tête , tant il était d'avance convaincu que ce serait un effort inutile.

Le pauvre Fischerwald, qui n'avait jamais eu une idée à lui , voulait à toute force être original, et on le prenait au mot beaucoup trop facilement.

Beaucoup de gens croient être originaux , — en ne faisant pas ce, que font les autres — 5 ils ne voient pas que c'est une espèce de copie de s'attacher à faire le contraire , d'une chose quelconque — : l'homme original , dans ses idées, dans ses actions, même les moiriA importantes, ne cherche ni évite la ressemblance avec les idées et les actions du reste des hommes; il pense et agit à sa guise, et ne prend ce que font les autres pour règle , ni de ce qu'il faut faire, ni de ce qu'il faut éviter.

Aussi, outre la moutonne rie , qui fait que beaucoup de gens, dans leur plus grande co-

1ère vous appellent infâme, scélérat, et enfin original comme le dernier coup que Ton puisse donner à un homme pour l'assommer , comme l'injure après laquelle il n'y a plus rien — outre cette moutonnerie, disons-nous, et la vanité qui fait croire à presque tous qu'un homme n'est bien qu'autant qu'il nous ressemble — et encore la timidité des gens qui, n'osant marcher seuls, se croient humiliés par la vue de gens plus hardis — il faut avouer que la fausse originalité peut dégoûter de la véritable , sans laquelle la vie serait si ennuyeuse, et obliger quelquefois les gens qui ont reçu celle-ci de 1 ai nature à se mettre du parti des moutons pour ne pas être confondus avec les prétendus originaux.

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Quelques jours après, Maurice fit une visite chez madame Retcheren ; il y trouva Blanche et Paulhie avec leur mère.

— Ah ! dit Blanche , vous avez un habit semblable à celui de M. Richard.

Maurice fut choqué de paraître imiter Richard ; cependant il ne voulut pas revendiquer l'invention d'un habit. Madame, dit-il à la mère, je vous demanderai la permission de

vous présenter mes amis, Richard et Fischerwald.

Huit jours après , Richard était dans !a maison au moins aussi bien que Maurice.

Un soir, comme les amis se retiraient de bonne heure , Richard et Fischerwald pour une partie de billard convenue , et Maurice pour une promenade solitaire.

Pauline s'avisa de demander : Quavez-vous donc à faire, que vous partez si tôt.

Maurice allait re'pondre ; mais Richard lui coupa la parole en disant : La lune est si belle ce soir ; sa lumière pâle est si douce à travers les arbres , que je vais passer le reste de la soirée à errer solitairement.

— C'est un plaisir , dit Blanche , que nous nous donnons quelquefois, lorsque nous pouvons persuader à ma mère que nous n'aurons ni rhume , ni fluxion de poitrine. Ce soir nous ne verrons la lune qu'à travers les vitres.

— Nous la regarderons en même temps , vous ici, moi dans le bois.

Blanche rougit et baissa les yeux.

— Et vous, dit Pauline à Maurice, quel soin si pressant vous appelle?

Maurice eût eu mauvaise grâce à dire après Richard : — Je vais errer au clair de lune dans le bois ; — on eût encore dit : C'est comme M. Richard. Il eût, comme cela lui était déjà arrivé plusieurs fois, paru un reflet de Richard.

Semblables à certains limaçons , qui , ayant perdu leur coquille, s'emparent de force de la coquille d'un autre, il ne trouva rien de mieux à dire que de :— Je vais jouer au billard avec Fischerwald.

Or , il était tout différent de laisser à des jeunes personnes assez romanesques — l'image d'un homme qui , la nuit , va seul promener dans les bois peut-être des pensées démolir ,

Ou d'un autre qui, dans un café , au milieu des cris, des juremens , de la fumée du tabac, de l'odeur de la bierre et des quinquets, va déployer tous ses talens pour faire payer à un autre les quelques verres de punch et de bierre qu'il boira sans avoir soif.

Et ce n'était pas une impression fugitive qu'ils laissaient — c'était le soir, quand seules, retirées dans leurs chambres , libres des regards de leurs mères, et de mille bienséances

qui prennent toute leur attention , et de soins de coquetterie qui absorbent leurs pensées — l'imagination des filles délivrée des entraves de la journée, comme leur corps des baleines du corset — se rappelle , résume la journée, cherche à comprendre chaque mot , chaque geste , chaque regard , interroge leurs propres sensations, rêve l'avenir si rose des filles, et l'amour tel qu'on l'invente à seize ans.

Puis elles s'endorment , bercées par ces riantes pensées , espérant que leurs songes vont leur dire l'avenir, et leur dévoiler quelqu'un de ces mystères inconnus qui leur font battre le cœur.

Richard et Fischerwald allèrent rejoindre leurs amis au café.

Maurice les quitta et alla se promener.

Il songea à sa situation. J'ai eu tort, dit-il ; je n'aurais pas dû introduire Richard avant de m'être fait connaître tel que je suis, pour qu'il ne pût ainsi entrer dans ma peau malgré moi et m'en chasser; maintenant je n'ose dire un mot sans craindre de m'entendre dire : C'est comme M. Richard.

Et si Maurice ne s'était pas manifesté plus

clairement aux deux jeunes filles, c'est que naturellemet il était peu eommunicatif avec les gens qu'il ne connaissait pas intimement , et que d'ailleurs il attendait à avoir fait son choix, pour ouvrir son coeur et son esprit à celle qu'il voudrait épouser, et lui dire : Vous me voyez avec mes qualités et mes défauts, mes avantages et mes ridicules, mes idées, mes désirs, mes espérances, mes craintes, mes habitudes.

Il n'était plus temps: il pensait bien qu'il reprendrait son avantage après ie mariage ; que Richard ne pourrait soutenir le personnage , et que chacun rentrerait nécessairement dans sa coquille.

Cependant, il sentait quelque ressentiment contre Pauline, et surtout contre Blanche, de ce qu'elles n'avaient pas plus de perspicacité, et se laissaient prendre aux semblans de Richard.

S'il eût choisi librement, il eût préféré Blanche ; sa nature s'accordait mieux avec ses idées sur les femmes , mais il avait remarqué sa rougeur , quand Richard l'avait quittée ce même soir, et elle lui avait dit : je me fais faire une robe à la vierge .

Allons, dit Maurice, j'épouserai Pauline.

Mais il s'était tellement enfoncé dans le bois , qu'il ne put retrouver sa roule , et passa dans le bois le reste de la nuit.

Il rentra chez lui le matin, et dormit. Quand il arriva chez la mère de Pauline , Richard y était déjà allé , qui avait demandé la main de Blanche.

Il avait été parfaitement accueilli; mais Pauline avait rougi et pâli , et ce fut peutêtre à moitié par dépit , qu'elle accepta, avec empressement, les offres de Maurice.

XCVÏII.

— C'étaient deux coquins fort heureux, disait Maurice.

— E perche? dit Fischerwald en entrant.

Perché, mio caro ?

— Écoute, répondit Maurice, en posant son livre.

« Chilpéric , celui qui fut le mari de Fré-

dcgonde , s'avisa d'ajouter deux lettres à l'alphabet , et il envoya , dans toutes les villes de son royaume, l'ordre précis de se conformer à ce perfectionnement, sous peine d'être essorïllè. Deux maîtres d'école , s'y refusèrent obstinément; et, martyrs d'une diphtongue , sacrifièrent , sur l'autel des saines doctrines littéraires d'alors , leurs deux oreilles qui furent coupées selon les ordres du roi.

<( Après la mort de Chilpéric , ils reparurent et prouvèrent, par des lettres qu'ils n'avaient cessé de s'écrire , qu'ils avaient constamment méprisé les titres de noblesse octroyés par le roi aux deux lettres nouvelles. »

— Je ne vois pas là ce qu'il y a de si désirable , à moins que tes oreilles ne te pèsent infiniment.

— Je les trouve heureux, reprit Maurice, d'avoir possédé une aussi intime conviction. Car pour moi , depuis que j'existe , je n'en ai jamais pu trouver une seule pour mon usage. En mathématique, le contraire du faux est indubitablement vrai; mais, en fait de passions , de politique , de conduite , l'op*

posé du faux et de l'absurde, se trouve le plus souvent faux et absurde.

Je donnerais tout au monde pour avoir une conviction, fût-elle la plus fausse du monde, qui pût me faire suivre dans la vie une ligne droite , sans aller à chaque instant à droite et à gauche, et revenir sans cesse sur mes pas , comme je le fais d'ordinaire.

Au moment de me marier, c'est-à-dire de creuser le lit où coulera toute ma vie , je me suis avisé de repasser mes jours depuis quelques années , et le résultat de mes idées et de mes actions contradictoires ferait à peu près, en chemin matériel, celui-ci: — et il traça avec sa canne

C'est-à-dire qu'après avoir creusé la vie philosophiquement et métaphjsiquement , après m'être prouvé une foule de problèmes tous contradictoires, après avoir laborieuse-

ment et douloureusement pratiqué mes théories.— Me voici revenu, après mille détours, dans mes idées sur les femmes et sur beaucoup d'autres choses, au point dont je suis parti , et où sont tous les hommes par un instinct naturel et irréfléchi , c'est-à-dire que le plus puissant effort de la sagesse humaine , de la réflexion , de l'élude et la méditation , m'a amené précisément au niveau de l'idiot et du crétin qui agissent sans penser, et se livrent à l'élan d'un aveugle instinct.

— Alors, dit Fischerwald, tu n'as plus de doutes.

— Malheureusement , si près de me mariei , je suis saisi d'une grande et presque invincible '.erreur , mais je t'expliquerai cela en route; il faut que j'aille chez ma bellemère.

Chemin faisant, Maurice reprit son argument :

Les abords du mariage , dit-il , me paraissent si brulesques, que je commence à craindre de ne pas trouver dans cet état toute la dignité que j'y avais supposée.

Depuis qu'il est convenu que j'épouse t. h. 16

lJ\1 UNE HEURE TROP TARD.

Pauline , ce traité d'alliance fait complètement, dans la maison, Teffet cPune déclaration de guerre. La mère et la fille sont sans cesse sur leurs gardes contre moi ; on craint de me laisser seul un instant avec la femme qui doit passer toute sa vie avec moi.

On dirait ces baladins qui , ayant à montrer aux flâneurs une curiosité dont ils font payer la vue , prennent tous les soins imaginables pour ne pas laisser apercevoir ni un cheveu ni un ongle de leur omme sovagent.

Ou de leur anfan ha 2 taitte.

Ou de leur nmvivanki ha eksité la \{i ration de toute l'Urope.

— Mais tout cela , dit Fischerwald , se fait. ne immaturos fructus prœlibes.

— Dis plutôt , non-payes. Mais je me défierais , pour suivre ta comparaison , de la fruitière qui me défendrait de goûter d'avance à ses fruits , et qui exigerait que je les eusse achetés et payés , avant de réassurer de leur saveur.

Par ce soin, par cette crainte que Ton manifeste si maladroitement , on semble dire : je vous donne une femme avec laquelle vous

devez passer toute votre vie ; mais je suis sûre que si , avant d'être lié irrévocablement , vous la possédez un quart-d'heure , vous ne voudrez plus conclure le marché , tant vous serez convaincu que vous feriez un marché de dupe.

On semble dire : —Par ma conduite , j'avoue que le premier quart-d'heure de possession amènera un repentir pour tout le reste de votre vie ; mais ce repentir, j'emploirai tous mes soins , pour que vous ne Payez que lorsque les lois divines et humaines vous empêcheront de revenir sur vos pas.

Parbleu! mesdames les mères, continua Maurice en s'échauffant par degrés ; si vous, qui voyez vos filles avec des yeux prévenus , vous pensez qu'une fois la possession , nous n'en voudrons plus , nous serions bien fous de poursuivre ; car vous paraissez si persuadées , quo nous ne pouvons refuser de nous en rapporter à vous.

Ce que je cherche dans le mariage, c'est une compagne qui embellisse ma vie d'une affection constante , et qui sème des fleurs sur le chemin , qui tous les jours me semble plus aride.

Mais vous , mesdames les mères , plus expérimentées que moi , ce que vous me vendez, ce que vous ne livrez qu'après que j'aurai payé d'avance, et payé de la liberté de toute ma vie , ce qui seul vaut quelque chose dans vos filles , aux yeux de votre expérience— c'est une nuit. Parbleu , mesdames , c'est trop cher , j'en aurai autant pour 0 florins, quand je voudrai ; et , en mettant la chose au plus haut prix , si ce que vous me vendez est une virginité , toujours incertaitaine , j'aurai ce qu'il y a de mieux en ce genre pour i5o florins.

Comme il allait entrer , il finit en disant à Fischerwald : en résumé , le mariage indissoluble sera une niaiserie , un horrible suicide , tant qu'on ne verra pas deux amans libres passer volontairement leur vie ensemble.

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