‹ Une histoire d'amour: George Sand et de Musset. Documents inédits [et] lettres de MussetChapitre 10 sur 60 · Id., I, p · texte numérisé non relu

Id., I, p

médiocrement, semble-t-il. Vers la même date, elle écrit à Sainte-Beuve qu'elle « recevra Jouffroy de sa main », le priant de le prévenir de son extérieur sec et froid, de son attitude silencieuse. Cette rencontre fut encore passagère. Mais la même lettre nous éclaire singulièrement sur le pessimisme qu'apportait George Sand dans ses expériences : « Je crains un peu ces hommes vertueux de naissance. Je les apprécie bien comme de belles fleurs et de beaux fruits, mais je ne sympathise pas avec eux ; ils m'inspirent une sorte de jalousie mauvaise et chagrine... 11 n'y a pas de confiance entière possible à réaliser. Les gens qu'on estime, on les craint et on risque d'en être abandonné et méprisé en se montrant à eux tel qu'on est ; les gens qu'on n'estime pas comprendraient mieux, mais ils trahissent. »

Le complément de ces lettres singulièrement captivantes vient de paraître ^ L'ensemble constitue le document le plus sûr et à peu près unique d'ailleurs, que nous possédions sur l'état d'âme de George Sand pendant cette crise de sa vie. Sainte-Beuve fut-il touché lui-même

Page 1