‹ Une histoire d'amour, les amants de Venise- George Sand et Musset, avec des documents inèditsChapitre 63 sur 67 · A UNE MUSE · texte numérisé non relu

A UNE MUSE

Quand Madame Waldor à Paul Foucher s'accroche,

Montrant le tartre de ses dents, Et dans la valse en feu, comme Tliuître à la roche,

S'incruste à ses membres ardents;

Quand sous ses longs clieveux flagellant sa pommette. De son épine osseuse elle crispe les nœuds, Coudoyant les valseurs, pareille à la comète Heurtant les astres dans les cieux;

Et quand lassée enfin de la valse rapide.

Haletante et fermant les yeux.

Elle laisse ilotter sa main maigre et livide Et darde un regard fauve au Werther pustuleux ;

Alors tout s'est enfui! la cliouette souffre et crie. Les morts dans leurs tombeaux se retournent d'horreur, La lune disparait, la rivière charrie, Et Drouineau devient rêveur.

Ajoutons qu'il existe un grand portrait caricatural de Paul Foucher, en costume de bal, dessiné au crayon par Musset. On ne Ta pas signalé. C'est le plus important, le Y>^ns poussé des dessins du poète. Il a été donné, avec plusieurs autres (un portrait de Pierre Leroux, et le groupe caricatural de la Grisi, la Ungher et Tamburini), par George Sand à son ami Gustave Flaubert. Ils appartiennent à la nièce de celui-ci, M°^® Franklin-Grout, ainsi qu'un Chopin au crayon de Maurice Sand et une très curieuse caricature à l'aquarelle, du même, représentant George Sand debout derrière un pianiste épileptique : « Maman bien étonnée d'entendre Liszt. »

APPENDICE

Page 56 : La complainte du duel de Gustave Planche avec Capo de Feuillide K

Pour compléter notre tableau du premier milieu de George Sand à Paris, il convient de donner ici le texte même de cette Complainte, décidément attribuée à Musset, semble-t-il, par M. le vicomte de Spoëlberch de Lovenjoul, dans son volume : « La véritable histoire de Elle et Lui », (in-18, Galmann- Lévy, 1897), oii il la reproduit de son article de Cos- 77iopolis. A la note de lui que nous avons citée (p. 56), il ajoute seulement : a (le véritable auteur) — facile à deviner ici ». Mais le lecteur reconnaîtra la fantaisie frondeuse et spirituelle de l'espiègle génial des Contes d'Espagne et d'Italie. Aucune amertume ne se môle encore à sa verve. C'est bien l'enfant, Tenfant du siècle, dont Tadorable charme avait aussitôt séduit George Sand, entre tous ses hommes de lettres, — pour lui inspirer ses trop maternelles tendresses...

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