Une histoire sous Robespierre
Vous m’avez répété souvent, bien souvent, cher et vénérable maître, ces mots que j’imprime ici comme préface.
« — Quelle inqualifiable folie, disiez-vous, quel vertige sans nom pousse nos romanciers
l'NB HISTOIRE
ti
modernes à écrire tant de pages démoralisatrices? Est-il donc impossible à un auteur d’être littéraire, intéressant, de donner, en un mot, satisfaction au goût public, sans se déshonorer par de scandaleux tableaux et par un récit coupable? Des ouvrages comme Madame Bovary , comme Fanny, comme tant d’autres que je ne daigne pas nommer, sont le déshonneur et la honte de notre siècle. »
Oui, mon maître.
Ce siècle, digne frère du dix-huitième, est assis au banquet de la matière. Tout naturellement on le rassasie d’ordure. 11 a ses cuisiniers de prédilection, qui assaisonnent le menu des épices de son choix : dévergondage de mœurs, fougue des passions brutales, cynisme abject, ivresse continue de la chair, délire et frénésie des sens. Comment, après cela, servir autre chose à de pareils convives?
J’essaierai pourtant, puisque vous le désirez et que vous m’en priez.
SOrS ROBESPIERRE.
A vous donc, ainsi qu’à tous ceux dont l'âme répugne aux lectures immondes, à vous, cher et vénérable maître, la dédicace de ce livre.