CNF INDÉPENDANCE EN CORDE
deligny. Comment as-tu appris que j’élais Ion voisin ?
cyprien. Je me trouvais à ma fenê’re, lorsque tu es arrivé hier avec... Ça m’a rappelé ton malheur.
DELIGNY. Quel malheur?
CYPRIEN. Cet hymen dont tu portes les chaînes depuis bientôt deux ans.
DELIGNY, riant. Mais tu vois que je les porte avec assrx de résignation.
CYPRIEN. I/ 1 fait est que tu n'as pas trop mauvaise mine, pour un homme marié.
DELIGNY. Tu trouves?... El le droit?...
Tu es sans doute avocat?.. .
CYPRIEN. Du tout... J'ai été héritier d'une vieille cousine... j'en ai professé l’état peu liant deux ans... à présent j'attends un autre héritage, que je tâcherai de professer plus long-temps... voilà ma position sociale... Et toi?
deugny. Toujours médecin et marié...
Je viens ici prendre un peu de repos.
cïprien. Je comprends ça.
DELIGNY. Toi, tu as apporté h Dieppe tonte tuu indépendance de garçon.
CYPRIEN. Tu connais mes principes à cet égard... Pourtant je ne suis pas seul ici...
j'ai fait rouie avec monsieur Cl madame Belbomme et leur filleul Coco.
deltgny. Je comprends... une famille de voyage?
CYPRIEN. Non pas... Il y a près de deux ans non je soupire... maison ne doit pas dire ces choses- là à un mari.
DELIGNY. Oh ! je suis de bonne composi- 1 ion* pour les autres.
CYPRIEN. Eli bien ! tu sauras donc que, depuis deux ans, je suis amoureux connue un imbécile.
deligny. fia ne m'étonne pas.
CYPRIEN. Tu me connais.
deligny. C’est pour ça.
cvpniEN. Je suis amoureux de madame Bclhomrnc. charmante femme... fort romanesque... romanesque, mai* charmante...
I.a cruelle résiste toujours... aussi je ne la quitte pas... elle va aux Pyrénées, J'y vais... au Rhin, j’y cours... à la nier, je la suis comme nn caniche... Pour m'approcher de ia femme, je fais le trictrac du mari, qui est bêle comme un chou, et qui se moi! pleurer dès que je parais loi refuser la moindre complaisance... je jonc aux quilles avec un affreux enfant qui répond au surnom de Coco...
Enfin je me laisse embrasser par un chien...
mal élevé, et souvent trop caressa»*.
DELIGNY. Toujours avec ton indépendance?
CYPRIEN. Je ne suis pas forcé... mais abandonnerais-je une conquête en au‘si boa chemin pour quelques petites contrariété»? .. Du reste, l'hirondelle serait une hàhleuso, si elle osait se «lire plus libre que moi.
deligny. Et cette jolie lin gère... Lucrèce...
cyprien. Pignochet?... C'est pour me sonstiairc à scs persécutions qne j'ai quitté Paris... elle voulait que je l'époiaasae...
alors j'ai donné à la famille Belhoiwme l'idée de venir à Dieppe voir la mer.
deligny. Pourquoi n'as-tu pas choisi le Havre, où tu as des parents?
CYPRIEN. Parrc qu'au Havre, est placé dans h douane, le frère de Sophie.. .
DELIGNY. Cette petite bijoutière?
CYPRIEN. En faux, du passage Choisenl...
et qoe ce frère cruel veut absolument me tuer, mm en duel, mais traîtreusement.
deligny. De sorte que Paris et le Havre te sont interdits?
cyprien. Des motifs du même genre me défendent Dunkerque, Boulogne, Calais et Honneur. C’est drôle, nVst-ci* pas?... Délicieuse existence!., je le voudrais comme cela. deligny. Je n'ai pas envie de charger.
CYPRIEN. Préjugé de mari!. .. deligny. Et ton orde le général a-t-il donc renoncé à te voir entrer en ménage ?...
et ne sc révolte l-il plus contre ton indépendance en cœur?
cyprien. iT«nf. Tu te souviens que. grand joueur de bosion, il avait ainsi surnommé ma haine contre le mariage.. . mon oncle habite Bayonne.. . vieux et impotent, il ne peut plus accourir ici pour me surprendre. . . Alors, |iotir le rendre heureux, je lui ai écrit que je venais de me marier.
deugny. Il «i fallu donner le nom de ta femme dans ta lettre.
cyprien. Il était illisible.
deligny. Tu es si malin !...
cyprien Et puis, j’écris si mal!. . Tu comprends la joie du brave homme... tiens, vois sa réponse h ma lettre de faire part. [Deligny va pour lire.) Tu la li as plus tard,.. (Deligny la met dans ta p che et In verras qu'o ie était rembourrée de vingt-cinq billets de raille... Oh ! je suis son neveu le pins cher.
deligny. Orlaûicmeut.
CYPRIEN. Ah çà ! j'avais pensé à le prendre ce malin pour aller déjeuner... mais tn es eucliaiué par l'hymen.
DEUGNY. Sans doute, je porte des chaînes; mais il n'est pas impossible à uii homme, quelque mai ié qu'il soit, de déjeuner avec un ancien ami
CYPRIEN. C’est que je ne voudrais pas être cause d'une querelle.
DEUGNY. Il n’y en a jama : s enire ma femme et moi.
Al* : raudmiJ* dr Mtomms cerf.
Pour un <llnrr, povir line file.
Si t'en nV»t pas lot» jour* d'accord,
L'un de no** qui d'abord t'entlie,
Avoue l Ij fin «jn'il a tort,
La querelle e*t bioa'&t finie.
Ce qui lut pUlt, moi, je le vegi...
Et celle iL •utile tyrannie Fait de U liberté pour déni !
CYPRIEN, qui a été prendre ton chapeau prés de fa fenêtre .* Je crois que Coco m’a vu prendre mon chapeau. {A Deligny virement , après avoir fermé la fenêtre .) Nous partirons quand tu voudra?.
! • CrpTlr-. fv- i tny.
Ain Je U. Oraij.
Metlons-nuu* vite en rosir...
Vrai, (« me tajoait, .
A l'aicUi* 44fis douta,
Jt doit non appétit.
Mai» gare à ta eoUra De ta femme. Ah I iir« toi Que ra-l-elle doue faire T nsuGSV.
Parbleu, penser b moi.
MrUona-aoas, etc.
(f/i »r dirigent vert la porte, qui tuf la famille Belhomme leur barre U chemin.)