CHAPITRE NEUVIÈME
mouvement rapide la province de Hollande et la ville d'Utrecht, leur couper tout secours possible, s'emparer de toutes les places fortes du cordon, réunir contre Amsterdam toutes les troupes envoyées d'abord dans des directions diverses, tel était son projet primitif, tel fut le plan qu'il exécuta.
Son armée, divisée en trois corps, s'ébranla comme pour la parade. La première division comptait sept bataillons d'infanterie, deux escadrons de hussards, deux batteries d'artillerie. Il s'en réserva le commandement, avec le général Knobelsdorff
déclare ne pas compter dans cette addition les compagnies bourgeoises dont Amsterdam seul pouvait fournir plus de soixante. La Revue d*Édimbourg a raison de dire : « Nous soupçonnons que les difficultés de l'entreprise ont été très-exagérées dans le temps, elles ne le sont certainement pas moins dans le récit du baron de Trosschke. » Les forces hollandaises étaient très-inférieures aux appréciations des historiens allemands. Paulus, fiscal de l'amirauté, évalue à dix mille hommes environ les troupes sur l'appui desquelles la France peut compter, en cas d'uneguerre avec la Prusse. D'après un autre mémoire envoyé à M. de Moiitmorin, le 24 août 1787, la Hollande peut compter sur la fidélité « du moins apparente » d'un peu plus de 3,000 hommes d'infanterie et d'environ 1,000 cavaliers, auxquels il faut joindre 1,400 à 1,500 hommes de la légion de Salm et deux compagnies d'artillerie. Les bourgeoisiei armées de Hollande peuvent donner 5 à 6,000 hommes; celles d*0veryssel, 3,000 environ. Utrecht est défendue par 3,000 bourgeois On est bien loin des 40,000 hommes du baron de Trosschke. Un c état des forces de la province de Hollande, le 16 septembre 1787 « , conservé aux affaires étrangères, donne comme total 8,766 hommes. En fixant à 10,000 hommes le chiffre des troupes régulières que la Hollande pouvait mettre en avant, on n'est certainement pas au-dessous de la vérité, et M. Paulus était mieux placé que personne pour la connaître.
SOUS ses ordres. Knobelsdorff devait partir de Nimègue, passer le Waal sur un pont de bateaux, suivre son cours jusqu'à Thuil, envoyer un détachement attaquer Gorcum, se diriger vers le Leck, s'emparer de la grande écluse d'Araeyden, et s'y trouver de façon à pouvoir secourir la seconde colonne, qui devait enlever Vianen. La seconde colonne, composée de onze bataillons, cinq escadrons, une batterie et quatre-vingts chasseurs, avait à sa tête le général Gaudi; son point de départ était Arnheim. Elle suivrait le Leck sur ses deux rives, entrerait dans Vianen, malgré une résistance probablement assez vive, occuperait l'embouchure du grand canal du Yecht après un combat violent, sans doute; se réunirait au second corps pour descendre jusqu'aux bouches du Leck, non sans avoir pris possession de Schoonhoven et ^e Nieupoort. Rotterdam et la Haye recevraient, au besoin, des garnisons. L'occupation du canal du Yecht aurait pour avantage d'ouvrir la route sur Utrecht et Amsterdam, de faciliter les transports et de neutraliser l'action de la flotte. Le troisième corps, sous les ordres du général comte Lottum, et fort de quinze escadrons, cinq bataillons, une batterie de grosse artillerie et vingt chasseurs, devait exécuter une de ces manœuvres de cavalerie qui sont devenues trop célèbres. Cinq escadrons surveilleraient la province d'Overyssel et la ville de Deventer; dix escadrons se jetteraient dans le Gooiland, cour-