SCENE III
Les Mêmes, LE BARBIER, ISIDOR.
{Le Barbier, entré de la rue, aperçoit Thuringe et se détourne d'une façon sensible. Isidor, quittant son poste de surveillance, vient à lui et malicieusement le retient par le bras.)
ISIDOR
Bonjour, mon cher Le Barbier
LE BARBIER
Bonjour, Isidor.
ISIDOR
Vous avez fait un bon déjeuner chez Thuringe?
LE BARBIER
\on, j'ai été retenu par des affaires imprévues.
38 UNE JOURx\ÉE PARLEMENTAIRE
isiDuR, facétieux.
Moi, par un électeur de province.
[Ils rient en se regardant.)
LE BARBIER, peuché à l'oreille d'îsidor. J'aurais craint d'abuser de la situation pour entendre des indiscrétions... Les gens qui sentent le mieux les inconvénients des petites histoires ébruitées ont toujours la manie de parler des histoires des autres.
[Ils rient encore.)
THURiiNGE, bas il Legros.
Va donc voir ce que raconte Le Barbier à Isidor.
LE BARBIER, à Isidor.
Voici Legros, je fde.
[Isidor, en bouffonnant, essaye de retenir Le Barbier qui rentre dans l'enceinte des députés.)
ISIDOR, tapant sur le ventre do Legros. Eh bien! mon vieux Legros, voilà bien du tapagepour un méchant entrefilet !
LEGROS
C'est une indignité ! un vrai républicain victime des jésuites et des sans-patrie. Ah ! le pape doit bien rire ! Isidor, vous, un homme sérieux, un républicain d'affaires, pouvez-vous admettre que nous, la majorité, nous lâchions Thuringe, dans une circonstance où chacun de nous demain peut se trouver?
ISIUOR
Veux-tu un cigare, vieux frère ?