SCENE PREMIERE
MONSIEUR ET MADAME THURINGE, sortent de table.
THURixGE. au domestique.
Donnez une troisième tasse pour M. Legros. (.1 sa femme.) J'ai laissé Legros à l'Elysée, mais il doit venir ici, après son dîner. (Le domestique sert, puis se retire.)
MADAME THLRLXGE
Enfin tu n'es pas bavard sur cette visite à l'Elysée. Que t'a dit le Président ?
TIILRIXGE
Toujours très correct !... C'était convenable à moi de le visiter après ces incidents, et je suis fort aise de ma démarche... Ah ! quand je l'ai quitté, il m'a dit • (( Assurez Madame Thuringe de la part vive que j'ai jtrise à son angoisse dans cette affreuse journée.. » Tu l'as beaucoup connu, le Président?
MADAME TilLRINGE
Oui.
TIIURINGE
Il était très lié avec Gaudechart, jadis?
MADAME THURINGE
Oui.
THURINGE
Il a rendu de grands services à Gaudechart, n'est-ce pas ?
MADAME THURINGE
Oui, très grands.
THURINGE
En somme Gaudechart ne peut rien lui refuser ?
MADAME THURINGE
Rien du tout.
THURINGE
D'autant que Gaudechart court toujours après une décoration quelconque.
MADAME THURINGE, lui peu froissée.
Mais qu'est-ce que ça le fait, Gaudechart ? Tu sais bien que je n'aime pas à parler de lui... [ElleVembrasse.) Il est très joli, ce vieux monsieur avec qui tu causais quand je t'ai rejoint à la Chambre; j'aime les cheveux blancs, — surtout chez une jeune femme. J'avais pensé à me faire teindre une mèche en blanc, ce serait ravissant, mais une cocotte avait cela, alors il n'y a plus moyen.
THURINGE, cédant à ses pensées.
Oui, des cheveux blancs! Il y a des moments où je