‹ Une journée parlementaireChapitre 45 sur 61 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

et il m'a promis de peser sur Gaudechart. Celui-ci ne peut rien lui refuser. Quel obstacle a surgi ? Parle.

LEGROS

Tu m'interromps toujours. — Quand tu as quitté l'Elysée. . . — et j'admire ton idée audacieuse de confession. — j'y suis resté, selon ton désir, afin de te rai)porter le résultat de l'entrevue de Gaudechart. A peine celui-ci sorti du cabinet, le Président me faisait appeler ; il m'a dit textuellement

TULRJNGE

Parle, parle.

LEGROS

(( J'aurais été heureux d'étoulTer le scandale

dans lequel monsieur Thuringe est compromis, mais il. pi end des proportions plus graves que nous ne croyions tout d'abord : les noms de personnages considérables vont être mêlés à cette affaire »

THIRINGE

Le Barbier et Isidor! Et puis après?

LEGROS

Tiens, c'est Le Barbier et Isidor! Le Président ne paraît pas le savoir. Comment l'as-tu appris ?

THLRIXGE

Nous n'allons pas nous occuper d'eux, n'est-ce pas? Continue.

LEGROS

Ah! mais si, voilà l'essentiel ! Tu connais cette nouvelle campagne, dès lors tout pourra s'arranger. En effet, le Président s'est résumé comme il suit : a- Le Contrat social a commencé une campagne calom-

62 UNE JOUNNEE PARLEMENTAIRE

nieuse contre monsieur Thuringe. Ce journal a dû l'interrompre, j'en suis aise, mais je ne pourrais accepter qu'à ses premières insinuations on substituât des attaques contre d'autres hommes. Dites à Monsieur Thuringe, qu'il faut qu'aucun nom ne soit prononcé. Tel est son intérêt et l'intérêt général de l'Etat. Monsieur le Préfet de police est en mesure de savoir ce qui se passe à l'imprimerie du Contrat social^ et si toute polémique de cet ordre est abandonnée dans le numéro préparé ce soir, je réponds que M. Gaudechart arrêtera, lui aussi, sa campagne contre M. Thuringe. »

THLRiNGE, atterré.

Voilà ce qu'il a dit ? Que faire ?

LEGROS, riant.

Laisser tranquilles Le Barbier et Isidor.

TIILRINGE

Mais qu'y puis-je?

LEGROS

Allons, voyons, tu t'es piqué de leur relative froideur ce matin ; tu as voulu te venger ; c'était tentant, quoique un peu féroce, mais laisse cela et embrassons-nous tous.

THURINGE

Mais je ne peux pas, malheureux !

LEGROS

Tu ne vas pas nous noyer tous les deux, n'est-ce pas? C'est bien simple, si tu ne les tires pas d'affaire immédiatement, tu es perdu, et moi aussi.

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