‹ Une journée parlementaireChapitre 46 sur 61 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

THLRINGE

Mais je ne peux pas!

LEGROs, se coiigestionndnt.

Perclus! moi, comme ton ami, toi comme chéquard et traître.

TIIURl.XGE

Pas de gros mots, Legros! Tu bénéficiais plus que moi du journal où j'ai mis l'argent et tu n'ignorais pas sa provenance. Quant aux papiers sur Le Barbier et Isidor, c'est toi qui les as remis cette après-midi à quatre heures au rédacteur du Contrat social, comme c'est toi, qui, ce matin, m'as amené Forestier. {Stupeur mêlée d'admiration de Legros.) Crois-tu que je me laisse renier et étrangler. Pauvre petit hâbleur des cafés d'Angers ! Je t'en ai fait sortir pour t'attacher à moi dans la bonne, mais aussi dans la mauvaise fortune.

LEGROS

Thuringe, il est neuf heures passées ! à onze heures et demie Le Contrat social met sous presse.

TIILRINGE

C'est juste ! examinons la situation. Ce matin, je nous ai tirés d'affaire en prenantpour remplaçants Le Barbier et Isidor, qui, d'ailleurs, dans le même cas, n'eussent pas agi autrement. Maintenant, si je veux les retirer des mâchoires de Forestier, il ne les lâchera pas, et, s'il les lâchait, ce serait pour m'empoigner de nouveau. C'est un fanatique, bien qu'il ait des formes, et qui lui-même s'est engagé devant ses lecteurs : demain malin, il leur faut une proie.

LEGROS

Rien à faire avec Forestier.

TIIURINGE

C'est sur L'Etoile Blanche qu'il faut agir.

LEGROS

L'Etoile Blanchel C'est une feuille toute vénale entre les mains de Gaudechart. Est-ce à toi qu'il ^j,ut apprendre cela? Et puis, la fermerais-tu à Gaudcjharl qu'il distribuerait à toute la presse et aux agenc îs et à domicile le document photographié.

THURINGE

Alors, c'est au Président de museler cet enragé !

LEGROS

Le Président me l'a dit expressément tout à l'heure et je te l'ai répété : il n'interviendra que si tu fais taire Forestier sur Le Barbier et Isidor.

TULRINGE

Avec Forestier, rien à faire... Ah çà ! nous sommes dans un manège fermé, nous piétinons. Quelle heure est-il ?

LEGROS

Bientôt dix heures ! Encore une heure et demie et Gaudechart livre ta lettre .

TIIL'RINGE

Ah ! Gaudechart. C'est lui qui tient tous les lils. Il m'a fait voler ma lettre et l'a communiquée à Forestier, puis il a su la visite de Forestier ici, et. Le Contrat Socia.l\\n faisant défaut, à cette heure il lit dans mon jeu... Est-ce ce soir qu'il illuminera!

{Thuringe regarde à travers la baie vitrée l'appartement de Gaudechart. Dans ce silence il entend un froissement du parquet derrière la porte.)

Encore un domestique qui écoute !

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