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ACTE TROISIEME

TiiLRiKGE, à Legros.

Gomment tu n'es pas parti? Qu'est-ce que tu fais ici?

LEGROS

l*arli ? Mais où veux- tu que j'aille ?

THLRINGE

C'est bien, tu as raison! reste ici, toi, tu es un amiî [Aux deux autres en désignant Legros.) Ce malin vous me laissiez seul avec lui !

isiDOR, sans ménagements. Nous ne sommes pas députés de l'Anjou, nous.

LE BARBIER

Mon ami Isidor est brusque, comme à l'ordinaire, mon cher Thuringe, mais vous seriez injuste de méconnaître qu'il vous a prêté un réel appui ce tantôt dans les couloirs, et moi-même je ne crois pas avoir mal manœuvré. Il est parfois impolitique de se prêter un appui public, mais vous pouvez compter sur nous, comme nous comptons sur vous.

ISIDOR

Mon cher, devant cette campagne qui commence, chacun prend ses précautions. Quand tu étais au Cabinet de Le Barbier, tu as connu bien des affaires.

THLRINGE

En effet.

ISIDOU

Tu as encore les papiers...

THLRINGE

Oui.

68 UiNE JOURNÉE PARLEMENTAIRE

ISIDOR

Tu peux les montrer?

THURINGE

Les voilà. [Il ouvre le coffret quon a déjà vu au premier acte et présente, sans la laisser toucher, la chemise où sont les papiers.) Et c'est même une raison de plus pour que je compte sur votre amitié.

LE BARBIER

En effet mon cher Thuringe; on ne vous reproche pas ces précautions. Dans le temps, comme on voit, vous ne laissiez rien traîner; il est seulement fâcheux que vous ayez perdu cette qualité d'ordre. Si vous égarez aujourd'hui vos propres papiers, de telle façon qu'on les retrouve dans Le Contrat social, vos amis ont le droit d'être inquiets pour ceux des leurs que vous possédez.

THURINGE

Tranquillisez-vous, les voici ! (7/ referme le meuble sur le dossier.) Et si la justice s'avisait de perquisitionner chez moi, cette démarche donnerait du désagrément à beaucoup de personnes.

ISIDOR

Très bien, mon vieux, tu es en règle. Tu méritais de te tirer d'affaire, comme tu l'as fait.

[Isidor et Le Barbier rient très fort en se regardant.)

LEGROS, intervenant brusquement.

Mais il y a Gaudechart qui prétend faire passer notre ami en Cour d'assises.

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