ACTE TROISIÈME
de la main gauche, on fait avec la droite jouer la gâchette. [Ce disant, il ficelle et règle le revolver.)
LE BARIilEF'.
Et nos papiers, Thuringe?
TULRiNGE, lamain toujours tendue.
Puisque vous me dites que, moi mort. Gaudecharl ne publiera rien, que craignez-vous? il n'y aura pas de perquisilion. A vous de vous entendre avec Legros, à qui je lègue tous mes papiers.
LE BARBlEll
On pourrait s'entendre tout de suite.
THLT.LNGE
Arrangez-vous. (.1 Legros.) Toi, Legros, tu as intérêt à ce qu'on m'élève un buste dans l'Anjou.
ISIDOR
Nous serons tous trois à l'inauguration,
THURINGE
Maintenant, sortez et laissez-moi mourir seul.
LE BARBIER, arrête Isidor qui tend le revolver et l'entraîne avec Legros à l'écart.
Et les papiers qui restent là.
ISIDOR ET LEGROS, baS.
Ah ! oui, les papiers.
LE BARBIER, de même.
Et puis on ne peut pas aller dans les journaux annoncer un suicide qui n'est pas chose faite.
ISIDOR ET LEGROS, baS.
Il a raison.
LE BARBIER, tOUt kilUt.
Nous ne pouvons pas, dans l'état où se trouve Tliuringe, l'abandonner. Ses amis lui doivent de l'assister jusqu'au bout.
JSIDOR
Mais si nous restons là, on dira que nous l'avons assassiné; il nous faut un témoin, n'importe qui, se tenant avec nous pendant que tu passeras là à côté.
TIIURIXGE
.le vais appeler un domestique. {Il sonne. Silence.)
ISIDOR
En voilà du temps perdu !
THURixGE, qui ne quitte plus des yeux la pendule. Onze heures un quart, donne le revolver, Isidor.
ISIDOR, haussant les épaules.
Tous les domestiques sont chez Gaudechart, bien sur.
TIILRINGE
Finissons-en... Je me tue ici. Legros n'aura pas le temps de courir à L'Etoile Blanclie.
i LEGROS
Si, j'ai encore trente minutes au moins : VEtoile Blanche a un petit tirage et met sous presse très tard.
{Thuringe sonne une seconde fois, personne ne
rient.)
LE BARBIER
Je vais appeler votre femme. Ce sera le témoin.
TIILRLNGE
Ce serait trop féroce ! Pas elle !