LE NID DR ROSSIGNOLS
tout son corps frémissait ; c'étaient des roulades à n'en plus finir, des fusées, des arpèges, des gammes chromatiques; il montait et descendait, il filait les sons, il perlait les cadences avec une pureté désespérante; on eût dit que sa \o\x avait des ailes comme son co/ps. Il s'arrêta, certain d'avoir remporté la victoire.
Les deux cousines se firent entendre à leur tour; elles se surpassèrent. Le chant du rossignol se m-
blait, auprès du leur, le gazouillement d'un passereau.
Le virtuose ailé tenta un dernier effort; il chanta une romance d'amour, puis il exécuta une fanfare brillante, qu'il couronna par une aigrette de notes hautes, vibrantes et aiguës, hors de la portée de toute voix humaine.
Les deux cousines, sans se laisser effrayer par ce tour de force, tournèrent le feuillet de leur livre de musique, et répliquèrent au rossignol de telle sorte que sainte Cécile, qui les écoutait du haut du ciel , en devint pâle de jalousie et laissa tomber sa contre-basse sur la terre.
Le rossignol essaya bien encore déchanter, mais